Sur l’ensemble des zones auditées au Burkina Faso, Orange s’impose comme l’opérateur offrant les meilleures performances, aussi bien pour les appels téléphoniques que pour l’internet mobile. C’est ce qui ressort du rapport de synthèse du quatrième trimestre 2025 publié par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), qui dresse un état des lieux détaillé de la qualité de service des réseaux mobiles dans le pays.
Cette évaluation a été menée dans trois grandes villes, à savoir Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou, ainsi que sur deux axes routiers stratégiques, notamment les corridors Ouagadougou-Boromo-Bobo et Sakoinsé-Koudougou. Au total, près de 8 000 tests d’appels et plus de 20 000 tests de transfert de données ont été réalisés pour comparer les performances des trois opérateurs présents sur le marché, à savoir Orange, ONATEL et Telecel.
Les résultats confirment la position de leader d’Orange sur l’ensemble des indicateurs clés. Sur le service voix, l’opérateur affiche un taux d’appels réussis avec une bonne qualité vocale de 96,53 %, contre 93,64 % pour ONATEL et 53,54 % pour Telecel. Cet indicateur, qui regroupe à la fois la capacité à établir un appel, à le maintenir sans coupure et à garantir une bonne qualité sonore, montre un écart significatif entre les opérateurs, notamment au détriment de Telecel.
Sur l’internet mobile, la tendance est similaire. Orange enregistre un score global de 97 %, devant ONATEL (94,22 %) et Telecel (82,51 %). Cette performance repose notamment sur une meilleure fiabilité des transferts de données et des débits plus stables. L’opérateur se distingue en étant conforme sur l’ensemble des zones auditées pour plusieurs indicateurs techniques, avec toutefois quelques valeurs jugées indécises sur certains segments.
Dans le détail, Orange se démarque particulièrement sur le maintien des communications et les débits d’envoi, pour lesquels il est conforme dans toutes les zones évaluées. La qualité vocale atteint également un niveau optimal, avec une conformité totale dans les cinq localités et axes audités. Globalement, aucune non-conformité n’a été relevée pour l’opérateur sur les indicateurs principaux, ce qui renforce sa position de référence sur le marché.
De son côté, ONATEL présente des performances solides, mais plus contrastées. L’opérateur est conforme dans la majorité des zones pour la qualité vocale et la fiabilité de l’internet mobile, mais affiche des insuffisances sur les débits, notamment en téléchargement et en envoi. Certaines zones restent non conformes, ce qui limite sa performance globale malgré une position stable en deuxième place.
La situation est plus difficile pour Telecel, qui arrive en troisième position sur l’ensemble des critères. L’opérateur enregistre plusieurs non-conformités, notamment sur la qualité vocale, les débits de téléchargement et l’accessibilité du service voix. Bien que des performances conformes soient observées dans certaines zones, elles restent insuffisantes pour combler l’écart avec ses concurrents.
Cette campagne d’audit met en lumière les défis persistants du secteur des télécommunications au Burkina Faso. La qualité de service reste inégale selon les zones et les indicateurs, en particulier en matière de connectivité internet. Les écarts observés traduisent la nécessité d’investissements continus dans les infrastructures et l’optimisation des réseaux.
L’ARCEP souligne également l’importance du suivi de la qualité du service d’assistance client en ligne, un critère de plus en plus déterminant dans l’expérience utilisateur. Sur ce point, des insuffisances ont été relevées, notamment chez certains opérateurs, confirmant que la performance technique ne suffit pas, à elle seule, à garantir une satisfaction globale des abonnés.
Dans un contexte de forte croissance des usages numériques, marqué par l’augmentation de la consommation de données et le développement des services digitaux, la qualité des réseaux devient un enjeu stratégique. Les résultats de cette évaluation devraient ainsi inciter les opérateurs à renforcer leurs investissements et à améliorer leurs performances, sous le regard du régulateur.
Par Bernadette W. Gansonré


