Afreximbank 2025 : un retour aux sources pour célébrer 32 ans de résilience et ouvrir une nouvelle ère

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) tient cette semaine ses 32es Assemblées annuelles à Abuja, au Nigeria, dans un climat chargé d’émotion et de symboles. C’est en effet dans cette même ville qu’avait eu lieu, en 1993, la toute première édition de l’événement. Pour le Professeur Benedict Oramah, président de la Banque et président de son Conseil d’administration, ce retour aux sources marque la clôture d’un parcours personnel et institutionnel exceptionnel.

« Ce chemin remarquable m’a permis de prendre la pleine mesure des défis de développement auxquels notre continent est confronté », a-t-il déclaré dans son message de bienvenue. Durant ses 32 années au service d’Afreximbank, il dit avoir été témoin des réalités vécues par les Africains, mais aussi des immenses opportunités dont regorge le continent. Cette nouvelle édition des assemblées ouvre ainsi la voie à une nouvelle direction pour la Banque, un tournant jugé décisif pour l’avenir de l’institution et celui de l’Afrique.

Ce retour à Abuja est aussi un hommage appuyé au Nigeria, dont le soutien constant a été déterminant dans le développement de la Banque, notamment à travers ses contributions financières et la levée des obstacles réglementaires. « Grâce à l’appui du gouvernement nigérian et à l’engagement de l’ensemble de nos partenaires, nous avons hissé la Banque au premier plan de la bataille socio-économique du continent », a souligné le président Oramah.

Placées sous le thème « Construire l’avenir sur des décennies de résilience », ces 32es Assemblées Annuelles offrent un temps de réflexion sur un parcours fait d’innovation, de résilience et de transformation à l’échelle du continent. De 1993 à aujourd’hui, Afreximbank est passée d’une institution au futur incertain à l’une des plus influentes structures financières multilatérales d’Afrique. En trois décennies, plus de 250 milliards de dollars ont été mobilisés pour soutenir des secteurs souvent délaissés par les financeurs traditionnels, tout en servant de bouée de sauvetage lors des crises : pandémie de COVID-19, chocs des matières premières ou ruptures des chaînes d’approvisionnement.

Pour Pr Oramah, l’histoire d’Afreximbank est celle « d’une réponse audacieuse au scepticisme, d’une volonté de bâtir malgré l’adversité et d’une foi inébranlable au potentiel africain ». Un message d’autant plus fort qu’il s’inscrit dans un contexte mondial troublé par la démondialisation, le protectionnisme et l’instabilité géopolitique. Il y voit une urgence : celle de bâtir « notre force de l’intérieur » et de tracer un avenir résolument africain.

Cet avenir, insiste-t-il, devra s’appuyer sur les richesses du continent : sa jeunesse, ses ressources naturelles, le dynamisme du commerce intra-africain et les mutations technologiques en cours. Les discussions de cette édition visent ainsi à analyser le passé, repenser les institutions et dessiner de nouvelles stratégies dans un ordre mondial fragmenté.

Lire aussi : 32e Assemblée annuelle de Afreximbank : À Abuja, l’Afrique réaffirme sa souveraineté économique avec l’institution financière panafricaine – Horonya finance

En réunissant décideurs politiques, institutions de financement du développement, secteur privé, société civile et universitaires , Afreximbank ambitionne de faire de ces rencontres un véritable cadre d’échanges et de construction collective. Le président Oramah a appelé à une participation active, unie et déterminée, pour faire émerger les meilleures solutions en faveur d’une émancipation économique africaine, dans un monde en repli.

Par Drissa Ouattara, Abuja, Nigeria

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