Le Ghana poursuit son ambitieux programme d’économie active 24 heures sur 24. Le gouvernement a signé, le 3 juillet 2025 à Accra, une lettre d’intention avec la Banque africaine de développement (BAD) en vue de développer le corridor économique de la Volta. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de développement accéléré des exportations et de l’économie 24H+.
L’objectif est de repositionner le lac Volta comme un pôle logistique et industriel stratégique, capable de soutenir les exportations, de stimuler l’intégration régionale dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de faciliter les échanges avec des pays voisins enclavés tels que le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Ce vaste projet sera mis en œuvre avec le concours du Secrétariat des 24H+ et du Fonds d’investissement pour les infrastructures du Ghana (GIIF). La BAD, quant à elle, s’engage à mobiliser des financements complémentaires et à explorer les possibilités de cofinancement avec des partenaires privés et institutionnels.
« Ce partenariat reflète notre volonté d’attirer des capitaux transformateurs et de bâtir des partenariats public-privé solides pour concrétiser notre vision d’une économie productive en continu », a déclaré Augustus Goosie Tanoh, conseiller présidentiel et chef du Secrétariat 24H+, lors de la signature. Il a précisé que l’initiative sera portée par le secteur privé, avec un appui initial de l’État pour amorcer l’investissement.
Trois structures spécialisées (SPV) seront créées pour piloter les volets clés du corridor : les infrastructures de transport fluvial et portuaire, les parcs agroécologiques et les systèmes d’irrigation, ainsi que les zones industrielles lacustres dotées de plateformes logistiques.
Pour Nana Dwemoh Benneh, PDG du GIIF, ce projet représente une opportunité unique d’attirer des capitaux privés au service du développement. « Avec le soutien du gouvernement et des partenaires comme la BAD, nous avons les moyens de faire de ce corridor un moteur de croissance inclusive », a-t-il affirmé.
De son côté, Mike Salawou, directeur des infrastructures et du développement urbain à la BAD, a salué l’initiative, soulignant qu’elle s’aligne parfaitement avec les priorités stratégiques de la Banque, notamment l’industrialisation, la sécurité alimentaire et l’intégration régionale.
Le corridor économique de la Volta est appelé à devenir un modèle d’infrastructure régionale, contribuant à l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Il marque aussi un tournant dans la mise en œuvre du programme 24H+, en transformant les ambitions nationales en projets concrets, bancables et à fort impact économique.
Par Drissa Ouattara


