Au Bénin, les premiers signaux économiques de l’année 2025 traduisent une dynamique inflationniste marquée, contrastant avec le dernier trimestre 2024, mais également une progression notable de l’emploi dans les grandes entreprises. C’est ce que révèle la note de conjoncture économique du premier trimestre 2025, publiée par la Direction générale de l’économie.
L’inflation trimestrielle a repris de la vigueur, atteignant 1,2 %, après une contraction de 0,4 % au dernier trimestre 2024. Cette reprise est essentiellement alimentée par la flambée des prix des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées, en hausse de 5 %, contrairement au repli de 0,4 % enregistré précédemment. Les produits responsables de cette tension sur les prix sont bien identifiés : piment frais, ail sec, gingembre, tomate fraîche, aubergine, concombre, gombo frais, poivron, igname et maïs en grains séchés. Leur renchérissement est attribué à une baisse de l’offre sur les marchés, exacerbant la pression sur les prix.
Autre vecteur d’inflation : les services de transport, dont l’indice des prix est passé de 0,2 % à 3,2 % sur la période. Cette tendance s’explique notamment par la révision à la hausse du prix de l’essence à la pompe, ainsi que par l’augmentation des tarifs de l’essence kpayo. L’analyse en moyenne annuelle confirme l’accélération de l’inflation : l’indice général des prix à la consommation a progressé de 1,4 % sur un an, contre 1,2 % au trimestre précédent.
La situation du prix de l’essence illustre les disparités persistantes entre les circuits formels et informels. À la pompe, le litre d’essence s’est établi à 695 FCFA, soit une hausse de 2,2 % par rapport au trimestre précédent. En revanche, sur le marché informel, les prix ont connu une évolution plus discontinue : après une légère hausse en début de trimestre, ils ont chuté significativement en mars. En moyenne, le litre d’essence kpayo s’est négocié à 622,22 FCFA, soit un repli de 3,8 % sur trois mois. L’écart de prix entre les deux circuits reste notable, atteignant près de 72 FCFA par litre.
Côté marché du travail, les nouvelles sont plutôt encourageantes. L’emploi dans les grandes entreprises a progressé de 2,5 % par rapport au premier trimestre 2024. Cette amélioration est portée par plusieurs secteurs en expansion, notamment les autres industries manufacturières (+22,8 %), les constructions et travaux publics (+17,2 %), le commerce (+11,4 %), l’électricité, le gaz et l’eau (+8,2 %), ainsi que les transports (+6,4 %). Ces évolutions traduisent un regain d’activité dans des secteurs porteurs, malgré une légère contraction de 0,8 % de l’emploi en variation trimestrielle.
Par David Yaméogo


