Alors que les prévisions de la banque américaine Citi annoncent un prix de l’or atteignant 3 500 dollars l’once dans les trois prochains mois, porté par des tensions géopolitiques, une inflation persistante et un affaiblissement du dollar, le Burkina Faso, pays producteur d’or en Afrique de l’Ouest, continue de renforcer son secteur minier à travers une hausse notable de sa production.
À la date du 30 juin 2025, plus de 20 tonnes d’or ont été collectées dans le pays, une performance combinant les apports de l’artisanat minier et ceux issus des exploitations semi-mécanisées. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte international favorable où le métal jaune retrouve tout son éclat.
Du côté de la production industrielle, Endeavour Mining, qui exploite les mines de Houndé et Mana, a produit 7,7 tonnes d’or au premier semestre 2025, soit 2 tonnes de plus qu’à la même période en 2024. Le groupe prévoit d’atteindre 13,7 tonnes sur l’ensemble de l’année 2025.
De son côté, West African Resources, opérateur de la mine de Sanbrado, a livré 2,976 tonnes d’or sur la même période. Ces chiffres témoignent de la vitalité du secteur, alors même que les conditions économiques mondiales semblent jouer en faveur de l’or. Quant à Iamgold Essakane SA et Orezone Gold Corporation, leurs résultats du premier semestre sont attendus respectivement ce 7 août 202 et le 13 août 2025 après la fermeture des marchés.
Une conjoncture mondiale propice à l’or
Selon une note publiée lundi par Citi, la banque américaine a relevé sa prévision à trois mois pour le cours de l’or à 3 500 dollars l’once, contre 3 300 dollars auparavant. Elle élargit aussi sa fourchette de négociation à 3 300 – 3 600 dollars, dans un contexte de ralentissement économique aux États-Unis, marqué notamment par une baisse marquée de la création d’emplois et des signes de faiblesse sur le marché du travail.
Le mois de juillet 2025 n’a enregistré que 73 000 créations d’emplois, contre une moyenne mensuelle nettement plus élevée ces dernières années. Une situation qui ravive les anticipations d’un abaissement des taux directeurs par la Réserve fédérale dès septembre. Dans le même temps, l’affaiblissement du dollar, observé récemment, renforce l’attrait de l’or libellé en devise américaine. Un dollar faible rend le métal plus accessible aux acheteurs internationaux, augmentant ainsi la demande.
Des tensions géopolitiques et commerciales en toile de fond
L’or bénéficie également de son statut de valeur refuge, renforcé par l’instabilité géopolitique, notamment le conflit entre la Russie et l’Ukraine, mais aussi par les nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump sur les exportations de partenaires majeurs comme le Canada, le Brésil, l’Inde ou encore Taïwan.
Citi indique que la demande brute d’or a augmenté de plus d’un tiers depuis la mi-2022. Cette envolée est portée par des flux d’investissement robustes, des achats soutenus des banques centrales et une demande de bijoux résiliente, malgré des prix élevés.
Lundi, à 03h40 GMT, l’or au comptant s’échangeait à 3 356,88 dollars l’once, frôlant déjà la cible de Citi. Le métal jaune continue ainsi de jouer son rôle historique d’abri en période de crise, attirant des investisseurs toujours plus nombreux, ébranlés par l’incertitude économique et les doutes croissants sur les politiques monétaires américaines.
Par Drissa Ouattara


