Mali : l’État prend le contrôle total de la BNDA après le retrait de l’Agence française de développement

Le Conseil des ministres du Mali, réuni en session ordinaire ce mercredi 13 août 2025, s’est penché sur la restructuration du capital de la Banque nationale de développement agricole (BNDA). Sur proposition du ministre de l’Économie et des Finances, le gouvernement a adopté un projet de décret fixant les modalités de rachat par l’État des parts détenues par l’Agence française de développement (AFD), portant ainsi sa participation à 100 %.

Créée le 11 février 1981, la BNDA est un acteur financier central pour le développement économique et rural du pays. Sa mission couvre le financement de la production agricole, forestière et halieutique, l’appui à l’habitat et à l’artisanat rural, ainsi que la transformation et la commercialisation des produits issus de ces filières.

Jusqu’ici, le capital social de 61,6 milliards FCFA était réparti entre l’État malien, qui en détenait 77,33 %, et l’AFD (22,67 %). Conformément au pacte d’actionnaires et à sa stratégie de recentrage sur son rôle de prêteur et de partenaire technique, l’AFD a notifié sa décision de se retirer du capital. L’État a ainsi saisi cette opportunité pour acquérir l’ensemble des actions, devenant, de ce fait, l’unique propriétaire de l’institution.

Le décret adopté précise non seulement les nouvelles modalités de participation au capital, mais aussi les conditions de libération des actions acquises.

Ce rachat marque l’aboutissement d’une dynamique engagée fin 2024. En effet, lors de son Conseil des ministres du 18 décembre 2024, le gouvernement avait déjà renforcé sa position dans la BNDA, faisant passer sa participation de 46,87 % à 77,33 % par le retrait de la Société allemande d’investissement et de développement (DEG) et du Crédit Coopératif, détenteurs respectifs de 21,43 % et 9,70 % des parts.

Lire aussi : Banque Nationale de Développement Agricole : l’État malien annonce le rachat des parts détenus par la société allemande d’investissement et le crédit coopératif – Horonya finance

Pour mémoire, l’exercice clos au 31 décembre 2024 avait confirmé le retour de la BNDA sur une trajectoire haussière après un repli en 2023. Le bénéfice net s’est établi à 7,81 milliards FCFA, en hausse de 2,68 milliards par rapport à 2023 (5,13 milliards), principalement grâce à une forte baisse du coût du risque, passé de 20,07 milliards à 12,67 milliards FCFA. Le chiffre d’affaires, bien que légèrement en recul à 60,04 milliards FCFA contre 60,80 milliards en 2023, reste nettement au-dessus du niveau de 2022 (52,58 milliards).

Lire aussi : Mali : La Banque nationale de développement agricole réalise un bénéfice net de 7,8 milliards FCFA au terme de l’exercice 2024 – Horonya finance

Côté bilan, les créances sur la clientèle atteignaient 471,88 milliards FCFA en 2024 contre 481,12 milliards un an plus tôt. Les dépôts se chiffraient à 517,20 milliards FCFA, en légère baisse par rapport aux 522,21 milliards de 2023, mais dans une tendance globale de croissance depuis 2022. Les capitaux propres ressortaient à 88,66 milliards FCFA, contre 82,52 milliards un an auparavant, renforçant les ratios prudentiels exigés par la BCEAO.

Avec un report à nouveau de 919 millions FCFA et une réserve solide de 18,3 milliards FCFA, la BNDA dispose de marges de manœuvre pour consolider son rôle de levier financier au service du développement agricole et rural du Mali.

Par Léon Yougbaré

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