En 2024, malgré un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes, une croissance économique modérée, des politiques monétaires prudentes et des perturbations climatiques, plusieurs segments des matières premières ont connu une dynamique haussière remarquable. Le secteur agricole, les métaux précieux et certains métaux industriels se sont distingués par des hausses significatives, soutenues par des déséquilibres entre l’offre et la demande, des chocs d’approvisionnement et la progression de la transition énergétique. À l’inverse, le secteur de l’énergie a enregistré un net recul, en lien avec une demande mondiale en berne et des stocks abondants. C’est le constat fait dans e Rapport 2024 sur le commerce africain de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).
Le cacao s’est imposé comme la matière première la plus performante de l’année, atteignant un sommet historique de 12 565 dollars la tonne en décembre, en raison d’un déficit mondial provoqué par une baisse sévère de la production en Côte d’Ivoire et au Ghana, deux producteurs majeurs fortement affectés par des conditions météorologiques extrêmes. L’or a également connu une année exceptionnelle, avec une progression de 25 % de son prix, porté par des achats massifs des banques centrales, notamment la Chine, des craintes inflationnistes persistantes, une demande industrielle accrue dans le secteur technologique et les tensions géopolitiques.
Parmi les métaux industriels, le zinc a enregistré une hausse de 13 % sur l’année, soutenue par des perturbations d’approvisionnement liées à un incendie en Russie, à la suspension d’activités aux Pays-Bas et à des pénuries de concentré en Chine. Le cuivre a atteint 5,20 dollars la livre au printemps, stimulé par des problèmes d’approvisionnement en Amérique latine, bien que sa dynamique se soit essoufflée au second semestre. L’aluminium, quant à lui, a bénéficié d’un rebond en fin d’année, grâce à une demande croissante du secteur des énergies propres, à la hausse des coûts de l’alumine et à des restrictions sur les exportations de bauxite. Le café arabica a également affiché une forte progression, portée par des conditions climatiques défavorables au Brésil et au Vietnam, des tensions logistiques, des incertitudes géopolitiques et des anticipations réglementaires liées aux futures normes européennes sur la déforestation.
Lire aussi : Commerce : les réserves de change de l’Afrique estimées à 430,5 milliards de dollars en 2024 – Horonya finance
En revanche, les marchés énergétiques ont connu une performance globalement négative. Les prix du pétrole brut ont reculé, atteignant en moyenne 75 dollars le baril, en dépit des réductions de production de l’OPEP+. Cette baisse s’explique par une demande mondiale en berne, des stocks élevés, une consommation réduite en Chine, principal importateur mondial, ainsi que par l’effet de la transition énergétique accélérée. Les prix du gaz naturel ont chuté de 40 % en début d’année, sous l’effet d’un hiver doux, de stocks élevés et du recul des importations européennes en provenance de Russie, avant de rebondir au second semestre en raison de tensions d’approvisionnement et de perturbations géopolitiques.
Enfin, certains marchés agricoles ont été marqués par une forte volatilité. Les prix du coton ont atteint près de 1 dollar la livre en février, avant de retomber à 68 cents en juin, en raison des prévisions de récoltes en hausse, de la baisse de la demande textile mondiale et de l’accumulation des stocks. Les cours du blé ont commencé l’année sur une tendance haussière, avant de reculer de 19 % sur l’ensemble de l’année, à la faveur de la résilience des exportations ukrainiennes, de la reprise de la production américaine et de bonnes récoltes dans plusieurs pays de l’hémisphère sud.
Par Bernadette W. Gansonré


