Le secteur bancaire ghanéen montre des signes d’essoufflement au premier semestre 2026. Après une forte progression de leurs bénéfices en 2025, les banques ont vu leur rentabilité se contracter à fin juin, sous l’effet notamment du recul des revenus nets d’intérêts et d’une forte hausse des charges liées aux dépréciations des actifs financiers.
Selon les données de la Banque du Ghana, le secteur bancaire a dégagé un bénéfice de 351,66 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 356,62 milliards de FCFA un an plus tôt. Si le recul du bénéfice paraît limité en valeur absolue, il traduit un changement marqué de la dynamique du secteur. Le bénéfice après impôts s’est contracté de 1,3 % sur un an, alors qu’il affichait encore une progression de 32,6 % à la même période en 2025.
Cette évolution intervient dans un contexte moins favorable aux revenus traditionnels des banques. Le revenu net d’intérêts, qui constitue l’une des principales sources de revenus du secteur, a diminué de 3,1 % à fin juin 2026, alors qu’il avait progressé de 20,2 % sur la même période en 2025. La Banque du Ghana explique cette évolution notamment par le ralentissement de la croissance des revenus d’intérêts dans un environnement marqué par des taux d’intérêt plus faibles.
La baisse des taux exerce mécaniquement une pression sur les rendements générés par les crédits et les autres actifs rémunérés. Elle peut également accentuer la concurrence entre établissements pour attirer les emprunteurs présentant le meilleur profil de risque, avec pour conséquence une pression supplémentaire sur les marges bancaires.
Dans cet environnement, les commissions et frais constituent l’un des rares relais de croissance. Les revenus issus de ces activités ont augmenté de 18,2 % à fin juin 2026, légèrement plus rapidement que les 17,8 % enregistrés un an plus tôt. Cette progression en fait la principale ligne de revenus à afficher une accélération sur la période. Elle n’a toutefois pas suffi à compenser le ralentissement des autres sources de revenus du secteur.
La situation est également marquée par une forte progression des charges de dépréciation. Les provisions pour pertes sur actifs financiers, créances douteuses et autres dépréciations ont augmenté de 38,2 % au premier semestre 2026, après avoir diminué de 14,8 % à fin juin 2025.
À l’inverse, les établissements bancaires ont enregistré une nette modération de leurs dépenses d’exploitation. La croissance de ces charges est passée de 21,4 % à fin juin 2025 à seulement 6,0 % un an plus tard. Cette évolution s’explique notamment par un ralentissement de la progression des coûts du personnel, tandis que les dépenses hors personnel ont diminué. Les efforts de maîtrise des coûts ont ainsi permis aux banques de limiter une partie de la pression exercée sur leurs résultats, sans toutefois empêcher la dégradation globale de leurs indicateurs de rentabilité.
Le rendement des capitaux propres (ROE) illustre particulièrement cette détérioration. Il est passé de 32,2 % en juin 2025 à 22,9 % en juin 2026, traduisant une baisse significative du rendement généré pour les actionnaires. Le rendement des actifs (ROA) s’est également replié, passant de 5,6 % à 4,4 % sur la même période.
La pression sur les marges se confirme par ailleurs avec le recul de plusieurs indicateurs. L’écart de taux d’intérêt est passé de 6,0 % en juin 2025 à 4,4 % en juin 2026. Les rendements bruts ont également diminué, de 8,9 % à 6,1 %, tandis que l’utilisation des actifs est passée de 7,4 % à 5,4 %. Le ratio de rentabilité constitue toutefois une exception, puisqu’il s’est légèrement amélioré, de 25,3 % à 25,9 %.
Par Amhed Coulibaly
Conversion effectuée sur la base de 1 cedi ghanéen = 49,53 FCFA.


