Le Ghana a commencé à autoriser les importateurs à utiliser le cedi ghanéen pour régler certaines importations en provenance de Chine, dans le cadre d’une initiative destinée à réduire la dépendance des entreprises au dollar américain dans leurs échanges commerciaux avec Pékin.
Le gouverneur de la Banque du Ghana, Dr Johnson Pandit Asiama, a annoncé cette évolution lors de la conférence de presse du 132ᵉ Comité de politique monétaire, précisant que Stanbic Bank Ghana pilote déjà le nouveau dispositif de paiement entre le cedi et le yuan chinois.
« En ce moment même, si vous voulez acheter quoi que ce soit en Chine, allez simplement à la Banque Stanbic avec vos cedis. Vous êtes capable de faire ça », a déclaré le gouverneur.
La Ghana Commercial Bank (GCB) travaille également à la mise en place d’un dispositif similaire, selon la Banque du Ghana. L’objectif est de permettre aux entreprises ghanéennes de régler directement leurs fournisseurs chinois sans devoir convertir au préalable leurs cedis en dollars américains.
Le mécanisme s’appuie sur l’accès de Stanbic Bank Ghana au Système de paiement interbancaire transfrontalier (CIPS) de la Chine. Ce réseau, autorisé par la Banque populaire de Chine, permet de traiter les transactions transfrontalières éligibles en yuan.
Concrètement, les entreprises peuvent initier des paiements en yuan depuis leurs comptes libellés en cedis au Ghana. Elles n’ont donc pas nécessairement besoin de disposer d’un compte bancaire en yuan. Après avoir sélectionné le yuan comme monnaie de règlement, les clients soumettent les documents requis pour effectuer la transaction.
Les paiements éligibles soumis avant 14 heures GMT peuvent être traités pour un règlement le jour ouvrable suivant, sous réserve du respect des exigences réglementaires et des procédures de conformité.
Pour Stanbic Bank Ghana, ce dispositif permet d’offrir aux entreprises une voie de paiement plus directe vers leurs partenaires chinois. Le directeur général de la banque, Kwamina Asomaning, estime que le recours au CIPS réduit la nécessité de passer par des banques correspondantes ou des intermédiaires américains.
Traditionnellement, les paiements entre le Ghana et la Chine peuvent transiter par plusieurs banques intermédiaires, notamment des banques correspondantes américaines. Ces circuits peuvent accroître les coûts et allonger les délais de traitement des transactions. Le nouveau mécanisme vise ainsi à réduire le nombre de conversions en devises nécessaires pour les opérations commerciales avec la Chine.
Le CIPS ne remplace toutefois pas le système SWIFT. Stanbic continue d’utiliser les infrastructures de paiement existantes pour les transactions effectuées dans d’autres devises internationales, notamment le dollar américain, l’euro et la livre sterling.
Cette évolution intervient alors que les relations commerciales entre le Ghana et la Chine prennent de l’ampleur. La Chine représentait 22,3 % des importations ghanéennes en 2024, selon les données citées par Stanbic Bank Ghana. La Banque du Ghana cherche également à approfondir les discussions avec ses homologues chinois sur les opportunités liées au renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays.
Depuis le 1er mai 2026, la Chine a par ailleurs étendu l’application de son régime de droits de douane nuls à 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Cette mesure ouvre de nouvelles perspectives pour les exportateurs africains souhaitant accéder au marché chinois.
Pour les importateurs ghanéens, le principal avantage immédiat du nouveau mécanisme réside toutefois dans la possibilité de financer certaines transactions en yuan directement à partir de leurs avoirs en cedis, sans devoir se procurer au préalable des dollars américains.
Par Amhed Coulibaly


