La Banque africaine d’exportation et d’importation (Afreximbank) devrait finaliser d’ici fin octobre le financement d’environ 1,3 milliard de dollars destiné au projet d’usine d’engrais Amufert en Angola. Cette opération s’inscrit dans la stratégie de la banque panafricaine visant à soutenir le développement industriel et agricole du pays.
Le président d’Afreximbank, George Elombi, a annoncé ce calendrier le 3 octobre, à l’issue d’une rencontre avec le président angolais João Lourenço, en marge du Forum Alamein Africa, organisé en Égypte.
Selon George Elombi, la production d’engrais revêt une importance stratégique pour l’Angola et pour les ambitions du continent en matière de sécurité alimentaire. Il a souligné qu’Amufert constituerait le troisième projet d’engrais de grande envergure soutenu par Afreximbank en Afrique, après des initiatives similaires au Nigeria et en Éthiopie.
« Pour nous, les engrais sont cruciaux au développement du continent. L’impact se fera sentir non seulement en Angola, mais dans toute l’Afrique. Nous avons déjà développé des projets similaires dans d’autres pays, notamment au Nigeria, en partenariat avec le Groupe Dangote, et en Éthiopie. L’Angola sera le troisième », a déclaré le président d’Afreximbank.
Situé à Soyo, dans la province du Zaïre, le projet Amufert prévoit d’utiliser le gaz naturel angolais pour produire de l’ammoniac et de l’urée. Selon les informations communiquées par le gouvernement angolais, l’installation devrait disposer d’une capacité de production d’environ 2 300 tonnes d’ammoniac et 4 000 tonnes d’urée par jour.
L’investissement global du projet est estimé à environ 2,6 milliards de dollars. À fin juillet 2026, quelque 477 millions de dollars avaient déjà été décaissés, selon des données gouvernementales. La documentation relative au financement devant être garanti par Afreximbank est encore en cours de finalisation.
Le projet vise à accroître la production nationale d’engrais tout en valorisant les ressources gazières de l’Angola à travers une activité industrielle à plus forte valeur ajoutée. Sa production pourrait également contribuer à améliorer l’approvisionnement en engrais des marchés agricoles au-delà du seul marché angolais.
Les discussions entre João Lourenço et George Elombi ont également porté sur le financement des petites et moyennes entreprises (PME) locales qui fournissent des biens et services aux grandes entreprises du secteur pétrolier angolais.
Le président d’Afreximbank a expliqué que de nombreux fournisseurs locaux sont confrontés à de longs délais de paiement après avoir exécuté des contrats pour de grandes entreprises pétrolières. Ces retards créent des tensions sur leur trésorerie et leur fonds de roulement, malgré des relations commerciales établies.
« Nous avons discuté du soutien qu’Afreximbank peut apporter aux petites et moyennes entreprises opérant en Angola, en particulier celles fournissant des services aux grandes entreprises, comme dans le secteur pétrolier. Ces PME font souvent face à de longs retards de paiement. Nous souhaitons donc faciliter leur accès au financement afin qu’elles puissent être payées à temps et maintenir leurs activités », a déclaré George Elombi.
Afreximbank a déjà engagé des montants importants dans le secteur pétrolier et gazier angolais. La banque affirme avoir investi près de 2 milliards de dollars sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Les discussions actuelles associent ainsi le financement d’une infrastructure industrielle majeure à des mécanismes destinés à améliorer la liquidité des entreprises locales.
Par Amhed Coulibaly


