Burkina/déficit énergétique : SONABEL, un besoin d’investissement de 400 milliards FCFA pour combler le gap de 400 mégawatts

La Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) a pour principales missions d’assurer l’approvisionnement du pays en énergie électrique, en qualité et en quantité, d’améliorer l’accès des populations à cette énergie et de contribuer à la mise en œuvre du plan national d’électrification. Cependant, la compagnie fait face à d’importantes difficultés dans la réalisation de ces missions. En effet, face à une demande croissante d’électricité liée au développement rapide des villes, la quantité totale produite, ajoutée à celle importée, s’avère insuffisante. À la suite de l’initiative « Les 48h du journaliste dans le quotidien d’un technicien de la SONABEL », il ressort que le déficit énergétique de la société s’élève à 400 mégawatts. Or, selon les informations de la compagnie, la construction d’une centrale thermique capable de produire 1 mégawatt d’électricité nécessite un investissement d’un milliard de francs CFA. Ainsi, le besoin de financement pour combler ce déficit est estimé à 400 milliards de FCFA. Où trouver ces fonds alors que les urgences du pays sont multiples et variées ?

En janvier 2025, la SONABEL annonçait des actions visant à remobiliser toute la puissance électrique indisponible, estimée à 113 mégawatts thermiques, afin de faire face à la période de pointe, au cours d’une rencontre avec l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie (ARSE). Pour permettre au pays de disposer d’une pleine capacité de production électrique, des projets de construction de centrales sont envisagés. Il s’agit notamment d’un programme d’urgence visant la construction de centrales thermiques de 350 mégawatts dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya, Dédougou, Kaya, Koupéla et Pâ. Par ailleurs, des études de faisabilité sont en cours pour la construction de centrales thermiques supplémentaires de 500 mégawatts à Ouagadougou, 200 à Bobo-Dioulasso et 110 à Fada N’Gourma. Si ces projets aboutissent, ils permettraient au pays d’atteindre une autonomie énergétique.

L’énergie distribuée par la SONABEL provient de deux principales sources. D’abord, la production interne repose sur des centrales thermiques diesel implantées à Ouagadougou (Ouaga 1 et 2, Kossodo 1 et 2, Komsilga), à Bobo-Dioulasso (Bobo 2), ainsi qu’à Dédougou, Ouahigouya, Gaoua, Dori, Fada N’Gourma, Djibo, Diapaga, Kompienga, Tougan et Nouna. La puissance totale installée est estimée à 364,42 MW. À cela s’ajoutent 50 mégawatts thermiques produits par une centrale privée exploitée par Aggreko. La production interne comprend également des centrales hydroélectriques situées à Kompienga, Bagré, Tourni, Niofila et Samendeni, dont la puissance installée est de 34 MW. Concernant l’énergie solaire, la puissance installée s’élève à 34 mégawatts-crête, grâce aux centrales photovoltaïques de Zagtouli et de Ziga. Les centrales solaires photovoltaïques exploitées par des Producteurs Indépendants d’Électricité (PIE) totalisent quant à elles 122 mégawatts-crête et sont implantées à Kodeni, Zano, Pa et Nagréongo.

La seconde source d’approvisionnement repose sur les importations via des interconnexions avec le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Togo/Bénin. En 2022, la puissance totale fournie par ces interconnexions s’élevait à 1 492,15 GWh.

Par Léon Yougbaré

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