Au 31 décembre 2024, l’encours de la dette du secteur public (non consolidé) s’élève à 14 237 milliards de FCFA, soit 45,6 % du PIB. Comparé au mois précédent, il enregistre une baisse de 0,7 %. Toutefois, la dette publique progresse de 0,2 % par rapport au trimestre précédent et affiche une hausse notable de 7,8 % sur un an.
La structure de la dette publique camerounaise reste largement dominée par celle de l’Administration centrale, 92,6 %, suivie des entreprises publiques avec 7,2 % et des collectivités territoriales décentralisées (CTD) avec 0,08 %. Entre maîtrise et ajustements, l’encours de la dette directe de l’Administration centrale a atteint 13 187 milliards de FCFA, soit 42,3 % du PIB, après prise en compte de la dette flottante, qui représente environ 1,3 % du PIB. En glissement trimestriel, on observe une hausse de 0,2 %, traduisant un recours continu au financement pour soutenir les priorités stratégiques de l’État. Sur un an, la progression atteint 8,7 %, reflétant un renforcement des engagements budgétaires. Toutefois, une baisse de 0,7 % est enregistrée en variation mensuelle, principalement en raison du remboursement de la dette et d’une volonté d’assainissement des finances publiques. La dette de l’Administration centrale est composée à 66,4 % de dette extérieure, illustrant une forte dépendance aux financements internationaux, et à 33,6 % de dette intérieure, incluant les restes à payer de plus de trois mois et la dette flottante.
La dette des établissements et entreprises publics connaît une stabilisation progressive. Avec un encours de 1 024 milliards de FCFA (3,3 % du PIB), elle enregistre une légère progression de 0,1 % sur un mois et de 0,6 % sur un trimestre. Sur un an, elle affiche une baisse de 2,7 %, traduisant un effort d’optimisation des engagements financiers de ces entités. La répartition entre créanciers montre que 48,2 % de cette dette est extérieure, soulignant le rôle des bailleurs internationaux dans le financement des entreprises publiques, tandis que 51,8 % est intérieure, avec une part significative de dette flottante (36,7 % de la dette intérieure des entités concernées et 19 % de leur dette totale).
S’agissant de la dette des collectivités territoriales décentralisées (CTD), son suivi et sa maîtrise restent perfectibles. Au 31 décembre 2024, en plus de la dette des CTD envers le FEICOM, l’encours recensé s’élève à environ 26 milliards de FCFA. Parmi cette dette, 60,8 % correspondent à une dette flottante identifiée en 2023, qui demeure néanmoins partiellement maîtrisée.
Enfin, les passifs conditionnels explicites de l’État sont estimés à 4 899 milliards de FCFA, soit 15,7 % du PIB. Ce montant demeure stable par rapport au mois précédent, bien qu’il enregistre une légère baisse de 0,8 % sur un an. Ces engagements indirects, issus quasi exclusivement des investissements réalisés sous Partenariats Public-Privé (PPP) (99,9 %), illustrent le rôle croissant des financements collaboratifs dans la stratégie nationale d’investissement. À l’inverse, la part très marginale de la dette garantie par l’État (0,1 %) témoigne d’une approche prudente en matière d’octroi de garanties publiques.
Par Bernadette W.Gansonré


