Avis d’Expert / Banques au Burkina Faso : pourquoi le total de bilan ne suffit pas à mesurer la performance ? Par Dr Alassane OUATTARA, Maître-Assistant CAMES en comptabilité et audit et Enseignant-Chercheur permanent au CESAG

Dans cette contribution, Alassane Ouattara, Docteur en sciences de gestion, Maître-Assistant CAMES en comptabilité et audit et Enseignant-Chercheur permanent au CESAG, où il est Directeur de la Recherche, de l’Innovation et de l’Entrepreneuriat (DRIE), propose une lecture approfondie de la performance du système bancaire burkinabè. Fort d’une expertise en finance, inclusion et éducation financières, formation professionnelle et transfert de connaissances, et riche de missions conduites notamment auprès de la BCEAO, d’UMOA-Titres, de Bloomberg, d’Aflatoun International et d’autres organisations de référence, il invite à dépasser le seul critère du total de bilan. À travers l’analyse du ROA, du ROE, des fonds propres, du résultat net et du Produit Net Bancaire, l’auteur montre que la taille d’une banque ne saurait, à elle seule, déterminer sa rentabilité, son efficience ou sa contribution au financement de l’économie.

La publication récente des données provisoires de la Commission bancaire de l’UMOA sur la situation du système bancaire burkinabè en 2025 met en évidence une évolution apparemment paradoxale. En effet, le total de bilan des établissements de crédit atteint 10 251,4 milliards de FCFA, en progression de 7,5 %, alors que l’encours des crédits recule de 4 % et que le résultat net diminue de 16,9 %.

Avec 12,5 % du total de bilan des établissements de crédit de l’UMOA, le Burkina Faso est présenté comme la « troisième place bancaire de l’Union », derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Cette affirmation est correcte dès lors que le critère retenu est clairement précisé, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un classement selon la taille du bilan.

Mais le total de bilan suffit-il pour apprécier la position et surtout la performance d’un système bancaire ?

La réponse est non.

Le total de bilan mesure principalement la taille économique et financière d’une banque ou d’un système bancaire. Il ne renseigne pas, à lui seul, sur sa rentabilité, la rémunération des capitaux investis, sa capacité à générer des revenus, la qualité de son portefeuille, son efficience, son niveau de risque ou encore l’efficacité de son intermédiation financière.

Cette distinction entre taille et performance n’est d’ailleurs pas nouvelle dans la littérature consacrée au secteur bancaire de l’UEMOA. Il y a plus de 15 ans, Ary Tanimoune (2009) s’interrogeait explicitement sur la pertinence des effets de « taille » et de « structure actionnariale » dans l’explication de la performance bancaire au sein de l’Union. Kablan (2009) montrait, de son côté, que la performance des banques pouvait également être appréciée sous l’angle de l’efficacité technique et de l’efficacité-coût.

Les données individuelles des banques burkinabè permettent d’illustrer concrètement cette distinction.

1.    Être grand n’est pas nécessairement être le plus rentable

Prenons comme point de comparaison les données publiées par la BCEAO pour l’année 2023.

Selon le seul total de bilan, la hiérarchie des banques est dominée par Coris Bank International, avec 2 488,6 milliards de FCFA d’actifs, devant Bank of Africa Burkina Faso, avec 1 098,3 milliards, et Ecobank Burkina, avec 1 003 milliards.

Cependant, dès que l’on change d’indicateur, le classement évolue.

Ainsi, BOA Burkina Faso, deuxième banque par la taille de son bilan, occupe la première position en termes de rentabilité des actifs (ROA) avec environ 2,65 %, légèrement devant Coris Bank International, à 2,58 %.

De même, Ecobank Burkina, troisième par la taille du bilan, devient première en termes de rentabilité des fonds propres (ROE) avec environ 28,38 %, devant UBA Burkina, à 26,75 %.

Plus significatif encore, BSIC, seulement douzième banque par le total de bilan en 2023, se classe cinquième selon le ROA, avec environ 1,56 %.

À l’inverse, Société Générale Burkina Faso, quatrième par la taille du bilan, n’est que neuvième selon le ROA et onzième selon le ROE.

Ces écarts montrent pourquoi il convient de distinguer taille bancaire et rentabilité bancaire.

2.    Un classement selon le total de bilan, les fonds propres, le résultat net et le PNB à partir des données publiées par la BCEAO (2023)

Les montants sont exprimés en millions de FCFA.

RangTotal bilanFonds propres comptablesRésultat netProduit net bancaire
1Coris Bank:  2 488 600Coris Bank:  271 865Coris Bank:  64 247Coris Bank:  125 248
2BOA Burkina: 1 098 276BOA Burkina: 125 144BOA Burkina:  29 062BOA Burkina : 60 576
3Ecobank Burkina: 1 003 022Ecobank Burkina:  87 560Ecobank Burkina:  24 853Ecobank Burkina:  60 175
4Société Générale Burkina: 646 759Société Générale Burkina:  82 928UBA Burkina:  11 695Société Générale Burkina:  38 571
5UBA Burkina:  642 592UBA Burkina:  43 720Banque Atlantique:  6 248UBA Burkina:  24 956
6Banque Commerciale du Burkina:  489 712Banque Atlantique:  37 013BDU Burkina:  6 121Vista Bank:  23 767
7Banque Atlantique:  439 143Vista Bank:  33 612Société Générale Burkina:  5 838Banque Atlantique:  19 724
8BDU Burkina: 428 718BDU Burkina:  30 768Vista Bank:  4 756Orabank:  15 425
9Vista Bank:  415 977IB Bank:  29 835BSIC:  4 370Banque Commerciale du Burkina:  15 132
10Orabank:  358 408Banque Commerciale du Burkina:  29 524IB Bank:  2 310BSIC: 13 716
11IB Bank:  328 045Orabank: 28 006Wendkuni Bank:  1 562BDU Burkina:  13 619
12BSIC:  280 428BSIC:  27 319Banque Commerciale du Burkina: 216IB Bank:  10 902
13Wendkuni Bank:  237 266Wendkuni Bank:  21 445Banque Postale:  -73Wendkuni Bank:  7 880
14Banque Agricole du Faso:  183 951Banque Postale:  14 927CBAO Burkina:  -1 066CBAO Burkina:  4 122
15CBAO Burkina: 66 898CBAO Burkina:  3 443Orabank:  -3 858Banque Agricole du Faso:  2 586
16Banque Postale:   19 882Banque Agricole du Faso:  -4 508Banque Agricole du Faso:  -20 870Banque Postale:  2 253

Ce premier tableau montre déjà que la hiérarchie dépend de ce que l’on cherche à mesurer.

Coris Bank domine les quatre indicateurs en valeur absolue. Cette domination est cohérente avec sa taille. Mais la lecture devient plus intéressante lorsqu’on rapporte le résultat obtenu aux ressources mobilisées. C’est précisément l’utilité du ROA et du ROE.

3.    Le ROA : quelle rentabilité pour 100 FCFA d’actifs ?

Le Return on Assets (ROA) rapporte le résultat net aux actifs mobilisés. Il permet ainsi de dépasser la seule taille du bilan pour apprécier la rentabilité générée par les actifs détenus par la banque.

Sur la base des données disponibles au 31 décembre 2023, le classement approximatif est le suivant :

RangBanqueROA approximatif
1BOA Burkina Faso2,65 %
2Coris Bank International2,58 %
3Ecobank Burkina2,48 %
4UBA Burkina1,82 %
5BSIC1,56 %
6BDU Burkina Faso1,43 %
7Banque Atlantique Burkina Faso1,42 %
8Vista Bank Burkina1,14 %
9Société Générale Burkina Faso0,90 %
10IB Bank0,70 %
11Wendkuni Bank International0,66 %
12Banque Commerciale du Burkina0,04 %
13Banque Postale du Burkina Faso-0,37 %
14Orabank-1,08 %
15CBAO Burkina, succursale-1,59 %
16Banque Agricole du Faso-11,35 %

Ce classement apporte une information que le total de bilan ne fournit pas.

La Banque Commerciale du Burkina, sixième banque par la taille de son bilan, tombe ainsi à la douzième position selon le ROA. À l’inverse, BSIC passe de la douzième position par la taille à la cinquième position en termes de rentabilité des actifs.

Le classement selon la taille et celui selon la rentabilité des actifs ne se confondent donc pas.

4.    Le ROE : quelle rentabilité pour les capitaux investis ?

Le Return on Equity (ROE) rapporte le résultat net aux fonds propres. Il mesure, sous certaines précautions, le rendement comptable des capitaux apportés ou accumulés par les actionnaires.

Afin de préserver la pertinence économique de la comparaison, le classement présenté ici est volontairement limité aux établissements présentant simultanément un résultat net positif et des fonds propres comptables positifs.

Cette précaution méthodologique évite de comparer directement la rentabilité des banques bénéficiaires à celle d’établissements déficitaires. Elle est particulièrement importante lorsqu’une banque cumule résultat net et fonds propres négatifs : la division mécanique de deux valeurs négatives produirait un ROE positif, alors même que la situation économique sous-jacente est défavorable. Un tel ratio ne saurait être interprété comme une rentabilité positive.

Classement 2023 des banques bénéficiaires selon le ROE approximatif :

RangBanqueROE approximatif
1Ecobank Burkina28,38 %
2UBA Burkina26,75 %
3Coris Bank International23,63 %
4BOA Burkina Faso23,22 %
5BDU Burkina Faso19,89 %
6Banque Atlantique Burkina Faso16,88 %
7BSIC16,00 %
8Vista Bank Burkina14,15 %
9IB Bank7,74 %
10Wendkuni Bank International7,28 %
11Société Générale Burkina Faso7,04 %
12Banque Commerciale du Burkina0,73 %

Ici encore, la hiérarchie est sensiblement modifiée : Ecobank Burkina, troisième par la taille du bilan, devient première selon le ROE ; UBA Burkina, cinquième par le bilan, devient deuxième ; tandis que Société Générale Burkina Faso, quatrième par le bilan et par les fonds propres, se situe à la onzième position selon la rentabilité des fonds propres.

5.    Six indicateurs, six lectures différentes du système bancaire

Le principal enseignement est qu’il n’existe pas un classement bancaire unique, mais plusieurs classements répondant à des questions différentes.

Le total de bilan renseigne principalement sur la taille de l’établissement. Les fonds propres comptables indiquent l’importance de sa base de capitalisation comptable, sans se substituer aux ratios prudentiels réglementaires. Le résultat net mesure le bénéfice comptable de l’exercice. Le PNB renseigne sur la capacité de l’activité bancaire à générer des revenus nets. Le ROA apprécie la rentabilité des actifs, tandis que le ROE mesure la rentabilité comptable des fonds propres.

Aucun de ces indicateurs, pris isolément, ne permet donc de conclure à la « performance globale » d’une banque.

6.    Au-delà des chiffres : la gouvernance et l’environnement bancaire comptent aussi

La performance bancaire ne se résume toutefois ni à la taille ni aux seuls indicateurs financiers. La littérature consacrée spécifiquement à l’UEMOA montre qu’elle dépend également de la gouvernance, de la structure de propriété, de la capitalisation, de la prise de risque, de la concurrence et de l’environnement institutionnel.

Les travaux d’Ary Tanimoune (2009) montrent déjà l’intérêt de distinguer la taille du bilan de la performance technique des banques. Kablan (2009) complète cette lecture en mettant en évidence des différences d’efficacité technique et d’efficacité-coût entre établissements.

La gouvernance constitue également un déterminant important. Ouattara et al., (2014), sur un échantillon de 98 banques commerciales de l’UEMOA observées entre 2006 et 2010, montrent que certaines caractéristiques du conseil d’administration, de la structure de direction et de l’actionnariat sont significativement associées au ROA, au ROE et au risque de liquidité.

Ces résultats attirent notamment l’attention sur des variables telles que la taille du conseil d’administration, la séparation des fonctions de président et de directeur général, la diversité de sa composition ainsi que la structure de propriété. À ces mécanismes peuvent être ajoutés l’indépendance des administrateurs et l’existence, mais surtout l’effectivité et l’efficacité, des comités spécialisés d’audit et de risques.

Il faut néanmoins éviter toute lecture mécanique, car une caractéristique de gouvernance ne produit pas nécessairement le même effet dans toutes les banques. Deh (2023), sur des banques des huit pays de l’UEMOA, met précisément en évidence le caractère variable des relations entre mécanismes internes de gouvernance et performance.

La capitalisation, le risque et l’actionnariat sont eux aussi étroitement liés à la rentabilité. Kanga et al., (2020), sur l’ensemble des pays de l’UEMOA, montrent que les relations entre capital, risque et profitabilité diffèrent notamment selon le type de banque et la structure de propriété.

L’environnement concurrentiel compte également. Ndiaye (2018) montre, sur 49 banques de sept pays de l’UEMOA, que le pouvoir de marché peut réduire l’efficience de coût en favorisant une hausse des coûts opératoires. Kuessi et al., (2023), sur 141 banques, confirment que la relation entre concurrence et efficience est complexe et non linéaire et qu’elle dépend notamment de la présence des banques multinationales et de l’environnement institutionnel.

Certains travaux les plus récents renforcent cette approche multidimensionnelle. Dramé (2025), à partir de 130 banques de l’UEMOA, montre que l’effet des nouvelles normes prudentielles sur l’efficience bancaire dépend aussi des conditions économiques et institutionnelles. Gammadigbe (2025), sur 118 banques, met pour sa part en évidence que la digitalisation peut améliorer certaines dimensions de l’efficience-revenu, sans entraîner mécaniquement une amélioration équivalente de l’efficience-coût.

Ces travaux convergent ainsi vers une idée centrale : la performance bancaire est multidimensionnelle et contextuelle.

Il convient surtout de distinguer les mesures de la performance de ses déterminants. Le ROA, le ROE, le résultat net ou le PNB rendent compte de résultats observés ; la gouvernance, la structure de propriété, la qualité des actifs, la prise de risque, la concurrence, la digitalisation et l’environnement institutionnel contribuent à expliquer comment ces résultats sont obtenus et dans quelle mesure ils peuvent être durables.

7.    Des changements de rang qui parlent d’eux-mêmes

Quelques banques permettent de visualiser immédiatement les conséquences du changement d’indicateur :

BanqueRang bilanRang ROARang ROE*
Coris Bank International123
BOA Burkina Faso214
Ecobank Burkina331
Société Générale Burkina Faso4911
UBA Burkina542
Banque Commerciale du Burkina61212
BDU Burkina Faso865
BSIC1257

* Classement ROE limité aux banques présentant simultanément des fonds propres comptables positifs et un résultat net positif.

Ces changements de position montrent clairement pourquoi un classement exclusivement fondé sur le total de bilan doit être présenté avec précaution.

8.    Que signifie alors la « troisième place bancaire » du Burkina Faso ?

La qualification du Burkina Faso comme troisième place bancaire de l’UMOA, sur la base de ses 12,5 % du total de bilan régional en 2025, reste pertinente si elle est comprise comme une mesure de la taille du système bancaire.

Elle ne signifie cependant pas que le Burkina Faso occupe automatiquement la troisième place en matière de rentabilité, d’efficience, de qualité des actifs, de financement du secteur privé ou de création de valeur.

Cette distinction est d’autant plus importante que les chiffres 2025 font apparaître des évolutions contrastées :

  • le total de bilan progresse de 7,5 % ;
  • les crédits à la clientèle diminuent de 4 % ;
  • les créances en souffrance augmentent de 8,5 % ;
  • les créances douteuses et litigieuses progressent de 16,2 % ;
  • le PNB n’augmente que de 0,5 % ;
  • les frais généraux progressent de 4,2 % ;
  • et le résultat net diminue de 16,9 %.

Le système bancaire burkinabè est donc plus grand en termes de bilan, sans que cette progression se soit accompagnée, en 2025, d’une croissance parallèle du crédit ou du bénéfice.

C’est probablement là que se situe la question économique la plus intéressante.

9.   De la taille du bilan à la qualité de l’intermédiation

Lorsque le bilan augmente alors que le crédit à la clientèle diminue, une question devient centrale : vers quels emplois les ressources supplémentaires des banques sont-elles orientées ?

Il faut alors examiner la composition de l’actif : crédits aux entreprises et aux ménages, titres publics, opérations interbancaires, trésorerie et autres emplois.

Cette question est d’autant plus pertinente que Nabie et Diarra (2026), dans une étude portant sur les pays de l’UEMOA, montrent que la détention de titres publics est significativement associée à la rentabilité bancaire, mesurée notamment par le ROA et le ROE. Le choix d’allocation des ressources constitue donc lui-même une dimension de la performance bancaire.

Dès lors, apprécier pleinement la situation du système bancaire burkinabè nécessiterait de compléter les classements précédents par le ratio crédits/dépôts, la croissance des crédits au secteur privé, la part des titres publics dans l’actif, la qualité du portefeuille, le coût du risque, le coefficient d’exploitation, les ratios prudentiels de solvabilité et de liquidité ainsi que, idéalement, des mesures d’efficience bancaire.

En définitive, classer, oui, mais préciser ce que l’on classe

La progression du total de bilan du système bancaire burkinabè témoigne incontestablement de l’importance de celui-ci dans l’espace UMOA. Mais la taille n’est ni la rentabilité, ni l’efficience, ni la solidité, ni encore la contribution au financement de l’économie réelle.

Les données individuelles de 2023 l’illustrent clairement : Coris Bank domine par le total de bilan, les fonds propres, le résultat net et le PNB ; BOA Burkina occupe la première position selon le ROA ; Ecobank Burkina devient première selon le ROE ; UBA passe de la cinquième place par la taille à la deuxième selon le ROE ; tandis que BSIC, douzième par le bilan, se hisse à la cinquième place selon le ROA.

Cette lecture est cohérente avec les travaux consacrés depuis plusieurs années au secteur bancaire de l’UEMOA : aucune variable prise isolément ne suffit à rendre compte de la performance globale d’une banque. Taille, efficience, gouvernance, capitalisation, structure de propriété, risque, concurrence, digitalisation et environnement institutionnel interagissent pour produire les résultats observés (Ary Tanimoune, 2009 ; Ouattara et al., 2014 ; Kanga et al., 2020 ; Kuessi et al., 2023 ; Dramé, 2025 ; Gammadigbe, 2025).

Le choix de l’indicateur change donc la hiérarchie parce qu’il change, surtout, la question à laquelle le classement répond.

Dès lors, plutôt que d’affirmer sans autre précision que le Burkina Faso est la « troisième place bancaire de l’Union », une formulation plus rigoureuse serait :

« En 2025, le Burkina Faso constitue le troisième système bancaire de l’UMOA par la taille du total de bilan. »

Cette précision ne remet nullement en cause l’importance de la croissance observée des actifs bancaires. Elle permet simplement de distinguer la taille du système de sa performance économique et financière.

Car la question essentielle, en matière bancaire, n’est pas seulement de savoir combien d’actifs une banque détient, mais également ce qu’elle en fait : quelle rentabilité en tire-t-elle, quels risques assume-t-elle et dans quelle mesure les ressources mobilisées sont-elles effectivement transformées en financement de l’économie réelle ?

******************

Note méthodologique. Les ROA et ROE présentés dans cette contribution sont calculés à partir des données de clôture 2023 disponibles, respectivement selon les rapports résultat net / total actif et résultat net / fonds propres comptables. Ils doivent par conséquent être considérés comme des approximations analytiques. Pour un calcul financier strict, le ROA et le ROE devraient être déterminés à partir, respectivement, de l’actif moyen et des fonds propres moyens de l’exercice. Pour le classement selon le ROE, seuls les établissements présentant simultanément un résultat net positif et des fonds propres comptables positifs ont été retenus.

Source des données 2023 : données individuelles issues des publications de la BCEAO relatives aux bilans et comptes de résultat des banques ; calculs de l’auteur. Les données individuelles détaillées de l’exercice 2025 n’étant pas accessibles à l’auteur au moment de la rédaction de cette contribution, les classements comparatifs reposent sur les données 2023. Leur actualisation à partir des données individuelles 2025 (définitives) permettra de prolonger l’analyse.

Références indicatives

Ary Tanimoune, N. (2009). Performances bancaires dans l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine : les effets « taille » et « structure actionnariale » sont-ils pertinents ? Revue Économique et Monétaire, 5, BCEAO.

Deh, A. A. (2023). Système de gouvernance interne et performance des banques de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine. Recherches en Sciences de Gestion, 157(4), 95–120.

Dramé, D. (2025). Efficience des banques de l’UEMOA sous les nouvelles normes prudentielles : le rôle de l’environnement économique et institutionnel. Revue Économique et Monétaire, 38, BCEAO.

Gammadigbe, V. (2025). Effets de la digitalisation des services financiers sur la performance des banques de l’UEMOA. Revue Économique et Monétaire, 38, BCEAO.

Kablan, S. (2009). Mesure de l’efficacité des banques dans les pays en voie de développement : le cas de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). African Development Review, 21(2), 367–399.

Kanga, D., Murinde, V., & Soumaré, I. (2020). Capital, risk and profitability of WAEMU banks: Does bank ownership matter? Journal of Banking & Finance, 114, 105814.

Kuessi, R., Nantob, N’Y., Aguey, S., & Couchoro, M. K. (2023). Competition and banking efficiency in the WAEMU: The role of multinationals and institutions. International Economics, 175, 45–62.

Nabie, O., & Diarra, M. (2026). Effects of fiscal policy on banking profitability in West African Economic and Monetary Union countries. African Development Review, 38(1).

Ndiaye, A. (2018). Pouvoir de marché et efficience : cas du secteur bancaire de l’UEMOA. Revue Internationale des Économistes de Langue Française, 3(1), 130–154.

Ouattara, A., Paugam, L., & Ramond, O. (2014). Corporate governance, performance and liquidity risk of West African Economic and Monetary Union (WAEMU) banks. In S. Boubaker & D. K. Nguyen (Eds.), Corporate Governance and Corporate Social Responsibility: Emerging Markets Focus (pp. 287–318). World Scientific.

Ouédraogo, S. (2012). Concentration bancaire, profitabilité et développement financier bancaires dans l’UEMOA. Revue Économique et Monétaire, 12, 45–76.

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