Le gouvernement béninois a adopté, lors du Conseil des ministres du mercredi 10 septembre 2025, le projet de loi de finances pour la gestion 2026. D’un montant global de près de 3 784 milliards FCFA, en hausse par rapport aux 3 551 milliards FCFA de 2025, ce budget se veut à la fois ambitieux, socialement inclusif et tourné vers l’accélération de la transformation économique du pays.
Le Bénin projette pour 2026 une croissance économique de 7,5%, portée par un secteur agricole toujours plus dynamique, soutenu par la mécanisation, l’accès accru aux intrants, le renforcement du conseil agricole et les investissements dans la maîtrise de l’eau. À côté, l’activité industrielle devrait poursuivre son expansion grâce aux efforts de diversification engagés par l’État.
La croissance de l’économie s’accompagnera également d’une augmentation du trafic au port de Cotonou, qui consolide le rôle stratégique du pays comme plateforme logistique régionale, ainsi que d’une promotion active du tourisme, un secteur en pleine valorisation bénéficiant de la mise en avant des atouts culturels et balnéaires du territoire. Le taux d’inflation devrait rester maîtrisé autour de 2%, en dessous de la norme communautaire de l’UEMOA fixée à 3%, consolidant le cadre macroéconomique.
L’orientation majeure du budget 2026, selon les autorités béninoises, demeure son fort accent social : 42% des dépenses seront consacrées aux secteurs à sensibilité sociale. Le gouvernement entend poursuivre son objectif de redistribution des fruits de la croissance pour réduire les inégalités et renforcer la cohésion nationale.
Les allocations ciblent en priorité la santé et la nutrition, avec l’extension du programme de suppléments alimentaires au profit des femmes enceintes, allaitantes et des enfants durant les 1 000 premiers jours après la naissance. L’éducation, notamment la couverture complète des écoles maternelles et primaires publiques en cantines scolaires, l’octroi de bourses d’études dans des établissements privés d’envergure internationale et l’accélération des réformes de l’enseignement technique ainsi que le renforcement du plateau technique sanitaire, pour moderniser et accroître les capacités des structures de soins font partie de ces mesures sociales.
Il est également prévu l’opérationnalisation du pôle d’innovation Sèmè-City, qui vise à soutenir la formation, la recherche et l’innovation technologique. Ces investissements s’inscrivent dans la stratégie nationale visant à bâtir un capital humain robuste, condition essentielle pour soutenir la transformation économique du pays.
Le projet de loi de finances prend aussi en compte les besoins liés aux élections générales prévues en 2026. Le gouvernement assure que les ressources nécessaires sont déjà entièrement mobilisées pour l’organisation des élections communales, des législatives de janvier 2026, et de la présidentielle d’avril 2026.
Le budget 2026 et le cadre budgétaire triennal 2026-2028 prévoient des investissements soutenus dans plusieurs secteurs clés comme la santé et la protection sociale, l’éducation et le savoir, l’eau et l’énergie, le transport et les infrastructures, le numérique et ,enfin, le tourisme. En matière de sécurité, le gouvernement prévoit l’installation de systèmes de vidéo-protection dans les grandes villes et l’acquisition d’équipements modernes pour les Forces de Défense et de Sécurité. Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche d’intégration des thématiques transversales liées au développement durable et à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Par Léon Yougbaré


