Réunis en séance plénière ce samedi 27 décembre 2025, les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont examiné le projet de loi de finance 2026. Au terme des débats, le projet de loi a été adopté par les députés . Devant les députés, le Ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo a rappelé que le projet de loi de finance 2026 du Burkina a été élaboré sur la base des orientations de la circulaire budgétaire ainsi que des priorités et choix stratégiques budgétaires définis par le Gouvernement. Ainsi, le projet de budget 2026 se chiffre à 3 431,5 milliards FCFA en recettes.
Dans le détail, les recettes ordinaires atteindront 3 216,5 milliards FCFA en 2026 en progression de de 3,36% en 2025, représentant 93,73% des recettes totales de l’Etat. Elles sont essentiellement constituées de recettes fiscales qui représentent 89,49% des recettes ordinaires en 2026. Cette configuration traduit, selon le ministre, la volonté du gouvernement de financer « son développement par les ressources propres ». Les recettes extraordinaires, pour leur part, se chiffrent à 215 milliards FCFA, en hausse 14,48% par rapport aux 187,8 milliards en 2025.
Analysant les projections par régie, la Direction générale des impôts (DGI) et la Directions générale des douanes (DGD) mobiliseront l’essentiel des recettes avec respectivement 1 565,18 milliards (+6,1%) et 1 342,61 milliards FCFA (+9,3%). En revanche, les objectifs de collecte assignés à la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique (DGTCP) affichent une baisse de 24,4% à 308,74 milliards FCFA. « En vue d’améliorer davantage le recouvrement des recettes ordinaires, le Gouvernement poursuivra la modernisation des procédures au niveau des régies de recettes pour optimiser le rendement de l’impôt d’une part, et parachever les réformes visant à accroître de manière substantielle l’assiette fiscale d’autre part », a rassuré le ministre Nacanabo devant la représentation nationale, avant de préciser que l’exécutif mettra l’accent sur les actions de lutte contre la fraude, le faux et la corruption.
Concernant les dépenses, les prévisions s’établissent à 3 918,3 milliards FCFA, en augmentation de 4,15% par rapport aux 3 762,3 milliards en 2025. « Elles sont constituées de dépenses ordinaires pour un montant de 2 546,8 milliards FCFA et de dépenses en capital pour un montant de 1 371,4 milliards FCFA, correspondant à des parts relatives de 65% et 35% », a détaillé Dr Aboubacar Nacanabo, soulignant que « le gouvernement poursuivra les efforts de rationalisation des charges de fonctionnement en vue de dégager des marges budgétaires suffisantes pour financer les investissements ».
Il a en outre expliqué que la prédominance des dépenses ordinaires dans le budget 2026 est liée à l’évolution des dépenses de personnel qui sont passées de 1 202,2 milliards FCFA en 2024 à 1 274,6 milliards en 2025 pour se situer à 1 342 milliards en 2026. « Leur part relative par rapport aux dépenses budgétaires totales est de 34,25% en 2026 contre 33,88% en 2025 et 32,44% en 2024. Elles absorbent 41,72% des ressources propres du budget de l’Etat en 2026 contre 40,96% en 2025. Rapportées aux recettes fiscales, les dépenses de personnel représentent 46,62% en 2026 contre 47,49% en 2025 », a-t-il détaillé.
Quant aux dépenses d’investissements exécutés par l’Etat, elles sont prévues à 1 354,4 milliards en 2026 contre 1 288,8 milliards en 2025, soit une hausse de 67,6 milliards FCFA. De ce montant, les investissements financés sur ressources propres progressent légèrement de 0,1 milliard pour atteindre 876,1 milliards FCFA en 2026.
Aboubacar Nacanabo a par ailleurs indiqué que l’épargne budgétaire s’est améliorée de 16,1 milliards FCFA, s’établissant à 669,7 milliards FCFA en 2026 contre 653,6 milliards en 2025. Quant au déficit budgétaire, il se détériore de 24,3 milliards FCFA passant de 462,5 milliards en 2025 à 486,8 milliards FCFA en 2026. Toutefois, il représente 2,6% du PIB en déca de la norme communautaire de l’UEMOA fixée à 3%. « Ce déficit sera couvert par les ressources de trésorerie notamment, les emprunts projets et programmes ainsi que les emprunts obligataires dont les montants sont déterminés par la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT) 2026-2028 » a-t-il affirmé.
Au titre des allocations par département ministériel, le secteur « Défense et sécurité » bénéficie pour l’année 2026 de 24,87% du budget total contre 27,76% en 2025. Pour le ministre nacanabo, cette répartition entre en droite ligne de la vision du gouvernement qui donne la priorité à la restauration de l’intégrité du territoire et de la mise en œuvre des actions de développement. L’exécutif consacre tout de même une part importante du budget aux secteurs sociaux et développement notamment 12,71% au profit du ministère de la santé, 29,43% au secteur de l’éducation et 6% au secteur du développement rural. « Au regard de la contrainte financière du moment et des nombreuses attentes légitimes des populations, les allocations budgétaires au profit des secteurs socio-économiques peuvent s’avérer insuffisantes, mais permettront de répondre aux préoccupations essentielles des citoyens », a déclaré le représentant de l’exécutif à l’hémicycle. Néanmoins, dit-il, le gouvernement pourra, en cours d’exécution, accompagner davantage ces secteurs si de nouvelles perspectives se présentent au budget de l’Etat, notamment en termes de mobilisation des ressources.
Par Léon Yougbaré


