Une mission du Fonds Monétaire International (FMI) a achevé, le 12 novembre 2025 à Ouagadougou, les discussions avec les autorités burkinabè dans le cadre de la quatrième revue du programme économique appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) et d’un nouvel accord axé sur le climat au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Le programme FEC, approuvé en septembre 2023, représente un montant total de 302 millions de dollars, soit environ 170, 6 milliards de FCFA. Quant au nouvel accord FRD, il est doté de 122,7 millions de dollars, équivalant à environ 71,7 milliards de FCFA.
À l’issue de la mission, le FMI et les autorités burkinabè sont parvenus à un accord au niveau des services pour l’achèvement de la quatrième revue du programme FEC. L’approbation par le Conseil d’administration, attendue début février 2026, permettrait un décaissement additionnel de 32,7 millions de dollars (18,4 milliards de FCFA), portant le total à 130,8 millions de dollars, soit environ 74,1 milliards de FCFA.
Selon le FMI, la conjoncture économique du Burkina Faso montre des signes encourageants. Grâce à la hausse des cours mondiaux de l’or et aux réformes en cours dans le secteur, la croissance du PIB réel devrait atteindre 5 % en 2025. L’inflation, estimée à -0,5 % cette année en raison de la baisse des prix alimentaires et énergétiques, devrait redevenir positive en 2026 tout en restant inférieure à 2 %, dans la fourchette cible de la BCEAO. Aussi, Les fortes exportations d’or devraient se traduire par un excédent de la balance courante en 2025 et à court terme.
Le gouvernement a respecté la majorité des critères fixés par le programme FEC à fin juin 2025, notamment en matière de déficit budgétaire primaire et de financement intérieur net. L’objectif d’un déficit de 4 % du PIB pour 2025 demeure atteignable, soutenu par une forte mobilisation des recettes et une exécution rigoureuse des dépenses sociales, d’éducation et de santé. Le projet de loi de finances 2026 prévoit un déficit budgétaire réduit à 2,8 % du PIB, avec une marge de flexibilité pouvant aller jusqu’à 3,5 % pour absorber de nouveaux financements concessionnels destinés aux projets sociaux et climatiques.
Les autorités ont également réalisé des progrès notables en matière de gouvernance, permettant au pays de sortir de la liste grise du GAFI. Cinq des onze recommandations issues du diagnostic de gouvernance du FMI ont été mises en œuvre et les six restantes constituent le cœur du nouvel agenda structurel. Les réformes prioritaires concernent l’intégrité de l’administration fiscale, la transparence dans l’attribution des permis miniers et la réforme du système des marchés publics.
Le futur programme FRD viendra compléter ces efforts en renforçant la résilience du pays face aux chocs climatiques. Il s’articulera autour de quatre axes, à savoir une meilleure gestion budgétaire des risques liés aux catastrophes, l’intégration de la résilience climatique dans les investissements publics, la promotion d’une énergie propre et d’un approvisionnement durable en eau, ainsi que la mobilisation de financements climatiques à travers une transparence accrue des données environnementales.
Ce double engagement vise à placer le Burkina Faso sur une trajectoire de croissance durable, inclusive et résiliente, tout en renforçant la confiance des partenaires techniques et financiers.
Par Bernadette W.Gansonré


