Burkina / Souveraineté énergétique : une nouvelle centrale thermique de près de 34 milliards FCFA renforce les capacités de production à Bobo-Dioulasso

Le Burkina Faso poursuit le renforcement de ses infrastructures énergétiques avec l’inauguration de la centrale thermique Bobo 2, d’une puissance installée de 26,4 MW. La mise en service a été effectuée par le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, ce vendredi 7 août 2026 à Bobo-Dioulasso.

Implantée dans le quartier Lafiabougou, au secteur 6 de Bobo-Dioulasso, cette nouvelle infrastructure représente un investissement de 33,893 milliards de FCFA TTC, entièrement financé sur fonds propres par la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL). Elle constitue un investissement stratégique destiné à accroître les capacités nationales de production d’électricité et à accompagner la dynamique de souveraineté énergétique engagée par les autorités burkinabè.

Équipée de trois groupes électrogènes dotés de moteurs MAN de 18 cylindres disposés en V, développant chacun une puissance de 8,8 MW, la centrale affiche une puissance totale de 26,4 MW. Elle est également dotée de cubes de stockage d’une capacité totale de 1 330 m³ destinés au combustible, à l’eau et aux huiles de vidange. Son système d’évacuation comprend trois transformateurs de 12 MVA.

Une vue de la Centrale

L’infrastructure intègre plusieurs équipements destinés à garantir la sûreté et la continuité de l’exploitation, notamment un système de refroidissement par aéro-réfrigérant, un dispositif de traitement du combustible et des huiles, une unité de traitement de l’eau par osmose inverse, un système d’air comprimé, un dispositif de détection et de lutte contre l’incendie, un système de supervision SCADA couplé à la vidéosurveillance ainsi qu’un groupe électrogène de secours de 1 250 kVA. La centrale fonctionne au fioul lourd avec le diesel comme combustible de démarrage et de secours.

Souleymane Ouédraogo, Directeur général de la SONABEL

Pour le directeur général de la SONABEL, Souleymane Ouédraogo, cette réalisation est le fruit d’un défi logistique, technique et technologique relevé en seulement 15 mois. « Cette centrale représente une augmentation significative de notre capacité de production à Bobo-Dioulasso dont la puissance totale du site passe de 60 MW à 86,4 MW », a-t-il affirmé. Selon lui, le projet, confié à l’entreprise PPI-SA, met en évidence l’expertise nationale et traduit la volonté de la SONABEL de produire davantage d’énergie, de sécuriser l’approvisionnement électrique et de mieux servir l’économie burkinabè.

Quant au ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, il a indiqué que cette mise en production constitue une victoire pour l’économie, la souveraineté et le développement du Burkina Faso. Pour lui, cette centrale s’inscrit dans la stratégie nationale de souveraineté énergétique portée par les autorités burkinabè et qu’elle est le résultat d’un investissement entièrement financé par les ressources nationales.

Selon le ministre, cette nouvelle capacité permettra de réduire les interruptions de fourniture d’électricité, d’offrir une énergie plus stable aux unités industrielles et économiques de la région et d’améliorer les conditions d’approvisionnement des ménages. « Chaque franc investi dans cette infrastructure provient de l’effort national et participe à la construction d’un Burkina Faso plus résilient », a laissé entendre Yacouba Zabré Gouba.

ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba

Le chef du département de l’énergie a également salué la contribution de la SONABEL, du Bureau national des grands projets, du conseil d’administration de la société ainsi que de l’entreprise PPI SA Burkina, chargée de la réalisation des travaux. Il a rendu hommage aux ingénieurs, techniciens et ouvriers ayant participé à la construction de l’ouvrage. « J’invite les équipes d’exploitation à assurer une gestion rigoureuse de cette infrastructure qui est un bien national précieux », a-t-il lancé.

À l’en croire, l’électricité produite par la centrale ne profitera pas uniquement à la région du Guiriko. Elle sera injectée sur l’ensemble du réseau électrique du pays afin de soutenir aussi bien les activités industrielles que l’amélioration des conditions de vie des populations. Le ministre a indiqué que cette centrale s’inscrit dans un programme plus vaste de renforcement des capacités nationales de production.

Après les centrales de Pabré et de Bobo-Dioulasso, le gouvernement prévoit l’inauguration des centrales thermiques de Koudougou et de Kaya, avant l’extension du programme à d’autres villes telles que Ouahigouya, Banfora et Gaoua, dans le cadre de la stratégie d’autonomisation énergétique des régions.

Cette inauguration intervient quelques semaines après celle de la centrale thermique d’urgence de 50 MW de Pabré, mise en service le 21 juillet 2026. Ces investissements successifs traduisent l’accélération des programmes de renforcement du parc national de production d’électricité.

Au-delà de l’amélioration de la desserte énergétique, ces infrastructures sont appelées à soutenir la compétitivité de l’économie burkinabè. Un approvisionnement plus fiable en électricité constitue un levier pour le développement des secteurs industriel, minier, agroalimentaire et des services, tout en favorisant les investissements privés et la création de valeur.

Le programme de renforcement des capacités de production se poursuivra avec les inaugurations annoncées des centrales thermiques de Koudougou et de Kaya, prévues respectivement les 10 et 11 août 2026, afin de consolider davantage le dispositif national de production d’électricité et de renforcer la résilience du système électrique burkinabè.

Yipénè NEBIE

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