Côte d’Ivoire : la dette publique atteint 34 016 milliards FCFA à fin septembre 2025, soit 59,3% du PIB

La dynamique d’endettement de la Côte d’Ivoire se poursuit en 2025, soutenue par les besoins de financement du Plan national de développement (PND) et par une stratégie proactive de gestion du portefeuille. Selon les données récemment publiées, la dette de l’Administration centrale s’est établie à 34 016,3 milliards FCFA au 30 septembre 2025, en progression par rapport aux 31 406,9 milliards enregistrés fin 2024.

Ce niveau correspond à 59,3 % du PIB, un ratio qui reste en dessous du seuil communautaire de l’UEMOA fixé à 70 %. La dette extérieure, qui représente la part la plus importante, s’est élevée à 20 875,8 milliards FCFA, tandis que la dette intérieure atteint 13 140,5 milliards FCFA.

Entre 2021 et septembre 2025, l’encours de la dette de l’Administration centrale a augmenté de près de 14 000 milliards FCFA. Cette hausse traduit « le financement du vaste programme d’investissements publics inscrit aux différents PND », selon le ministère des finances publiques.

En effet, 2025 a marqué une année dense en opérations de financement externe. En mars, la Côte d’Ivoire a procédé à une double émission obligataire de 1,75 milliard de dollars, soit environ 1 050 milliards FCFA sur les marchés internationaux et 220 milliards FCFA placés auprès d’investisseurs internationaux, une première en Afrique.

En juillet, Abidjan a réussi sa première émission sur le marché japonais, mobilisant 50 milliards de yens, soit environ 181 milliards FCFA, à un taux compétitif de 2,3 %, renforcé par une garantie partielle de la Japan Bank for International Cooperation (JBIC). Les encours en devises sont dominés à 68,6 % par l’euro, en lien avec la parité FCFA/EUR, tandis que 89,6 % de la dette extérieure est contractée à taux fixe.

Au 30 septembre 2025, le service total de la dette de l’Administration centrale s’est élevé à 5 250,5 milliards FCFA. Sur ce montant, le service de la dette extérieure ressort à 2 285,6 milliards FCFA tandis que celui de la dette intérieure atteint 2 964,9 milliards FCFA. Quant aux charges d’intérêts, ils représentent 11,9 % des recettes budgétaires, contre une moyenne de 15,4 % sur la période 2021-2024. L’analyse des données montre que le taux d’intérêt moyen pondéré, évalué à 5,1%, est légèrement au-dessus des niveaux de 2024, reflet d’un contexte international marqué par une normalisation graduelle des conditions financières.

Par ailleurs, le ministère des Finances confirme que 96,3 % de l’encours total est constitué d’instruments à moyen et long termes, conformément à la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT). Ce choix, selon le ministère, vise à réduire les risques de refinancement et à stabiliser le service de la dette.

Sur le marché régional, les émissions de titres publics ont permis de mobiliser 3 535,7 milliards FCFA entre janvier et septembre 2025, dont 1 823,2 milliards FCFA en obligations du Trésor, 1 040,9 milliards FCFA en bons du Trésor et 671,7 milliards FCFA via des emprunts TPCI.

Le stock de dette garantie par l’État s’établit à 250,5 milliards FCFA, soit 0,4 % du PIB. Cette composante est dominée par les garanties accordées à CI-Énergies pour un montant de 120,2 milliards FCFA et au Conseil Coton-Anacarde (98,8 milliards FCFA). Avec une perspective « stable » chez Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, la Côte d’Ivoire reste parmi les pays les mieux notés d’Afrique subsaharienne.

Par Léon Yougbaré

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