Endeavour Mining : 3 200 milliards FCFA de retombées économiques au Burkina sur la période 2021-2025

Le groupe aurifère Endeavour Mining a présenté, le lundi 29 juin 2026, son rapport d’impact 2021-2025 au Burkina Faso. Un exercice de redevabilité qui met en chiffres la contribution de ses deux mines burkinabè, Houndé et Mana, à l’économie nationale, et qui s’est tenu en présence du directeur de cabinet du ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Salif Boussim.

Selon Souleymane Boly, Directeur Pays et vice-président des affaires publiques pour le Burkina Faso du groupe Endeavour Mining, la contribution économique cumulée des deux mines burkinabè s’est élevée à 3 200 milliards FCFA entre 2021 et 2025. Cette enveloppe regroupe la fiscalité, les dividendes, les redevances minières, les salaires versés et les achats effectués auprès des fournisseurs nationaux.

Pour la seule année 2025, les retombées économiques d’Endeavour au Burkina ont atteint plus de 610 milliards FCFA, se décomposant comme suit : 210 milliards FCFA versés au Trésor public au titre des impôts, taxes, redevances et dividendes, 45 milliards FCFA en salaires et 365 milliards FCFA d’achats auprès d’entreprises installées au Burkina.

Sur ce dernier montant, plus de la moitié a été réalisée auprès d’entreprises répondant à la définition légale burkinabè, c’est-à-dire détenues à au moins 51 % par des nationaux. « Nous avons pu voir que le bilan est positif et nous sommes également dans une réflexion pour travailler sur la deuxième phase de la stratégie 2026-2030 avec certains axes qui devraient permettre d’augmenter davantage cet impact-là au bénéfice du pays et de nos communautés », a déclaré Souleymane Boly.

Souleymane Boly, Directeur Pays et vice-président des affaires publiques pour le Burkina Faso du groupe Endeavour Mining

À l’échelle régionale, a-t-il poursuivi, le groupe, qui est présent au Sénégal (une mine) et en Côte d’Ivoire (deux mines), en plus du Burkina, a généré une contribution économique totale de 6 640 milliards FCFA sur ses cinq sites ouest-africains entre 2021 et 2025, faisant du Burkina Faso son marché le plus important en proportion.

Houndé et Mana, piliers de la production aurifère nationale

Premier producteur d’or d’Afrique de l’Ouest avec un peu plus de 37 tonnes extraites sur l’ensemble de ses sites, Endeavour Mining a produit environ 430 000 onces d’or au Burkina Faso en 2025, soit près de 13,3 tonnes. Ce volume représente environ 15 % de la production nationale d’or, selon les chiffres présentés. Les mines de Houndé, deuxième plus grand site aurifère du pays, et de Mana ont représenté respectivement 36 % de la production et 35 % des revenus du groupe en 2025.

Sur le plan de l’emploi, les deux sites comptabilisent 4 640 emplois directs et indirects, dont 97 % sont occupés par des Burkinabè. « C’est un peu plus même que la moyenne des trois autres pays dans lesquels nous sommes présents et c’est une des fiertés que nous avons au Burkina, c’est-à-dire la capacité à avoir pu valoriser la compétence nationale et à progressivement mettre en place des plans pour remplacer les expatriés au fil des ans », a-t-il expliqué.

Des initiatives dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des infrastructures

Au-delà de la fiscalité, le rapport met en avant les investissements sociaux réalisés sur la période 2021-2025. En matière de santé, Endeavour a financé 24 initiatives à hauteur de 947 millions FCFA, ayant bénéficié à plus de 21 858 personnes, dont la construction de quatre salles d’hôpital et six initiatives de santé maternelle. Le groupe a par ailleurs consacré 184 millions FCFA à la lutte contre le paludisme à travers l’initiative « Un Village Sans Palu ».

Au niveau de l’éducation, plus de 390 millions FCFA ont été investis à travers une vingtaine d’initiatives ayant touché plus de 26 000 enfants et jeunes adultes. Ces initiatives concernent, entre autres, des fournitures scolaires pour 16 000 élèves, des bourses pour 5 800 élèves et l’accueil de 562 stagiaires sur les deux sites. « Ce qui veut dire qu’en moyenne, nous recevons un peu plus de 100 stagiaires par an. Parmi ces 562 stagiaires, 146 venaient de nos régions hôtes de Houndé et Mana », a précisé le Directeur Pays du géant canadien, qui ajoute que le programme « Jeunes filles en scolarité » a permis à 74 jeunes filles de bénéficier de bourses sur quatre ans depuis 2022.

Pour les infrastructures et le cadre de vie, 562 millions FCFA ont été mobilisés, notamment pour la réhabilitation de routes dans le Mouhoun (335 millions FCFA, profitant à environ 23 000 personnes) et la construction de deux ponts à Safané en 2022, pour 190 millions FCFA, facilitant les déplacements de près de 70 000 habitants répartis dans 40 villages.

Sur le volet environnemental, le groupe revendique la plantation de plus de 85 000 arbres et la protection de 137 hectares de terres à travers cinq projets. Ce qui a permis d’éliminer plus de 1,3 million de bouteilles d’eau à usage unique, soit 14 300 kg de plastique économisés.

Un secteur minier sous le signe de la souveraineté économique

Prenant la parole lors de la cérémonie, Salif Boussim a salué une initiative qui s’inscrit, selon lui, dans la dynamique de réformes engagées par les autorités burkinabè depuis 2024. Ces réformes concernent notamment l’adoption d’un nouveau code minier et d’une loi sur le contenu local. « Notre ambition est de faire en sorte que chaque gramme d’or extrait contribue davantage à la création d’emplois, au développement des compétences nationales, au renforcement des entreprises burkinabè et à l’amélioration des conditions de vie de nos populations », a-t-il rappelé, avant d’appeler les acteurs du secteur à poursuivre les efforts en matière de transformation locale et de protection environnementale.

Salif Boussim, directeur de cabinet du ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières

Le gouvernement, a-t-il indiqué, continuera d’accompagner toutes les entreprises minières qui s’inscrivent dans la vision du Burkina en matière de partage des richesses de son sous-sol. « Notre ambition est de bâtir un secteur minier moderne, responsable, compétitif et pleinement aligné sur les priorités nationales de développement », a insisté le directeur de cabinet du ministère de tutelle.

M. Boussim a, enfin, souligné la nécessité collective de renforcer le contenu local dans le secteur minier et de favoriser l’émergence d’entreprises burkinabè compétitives. Ce qui, à l’en croire, permettra de « créer davantage d’emplois qualifiés, développer la transformation locale, promouvoir les innovations technologiques et préserver notre environnement ».

Une déclaration qui s’inscrit en droite ligne de la vision d’Endeavour Mining en matière d’accompagnement des entreprises burkinabè dans le cadre de la promotion du contenu local. En témoigne l’initiative « Accélérateur de contenu local », développée par la société minière en partenariat avec le groupe bancaire Ecobank afin de faciliter le financement des fournisseurs locaux.

L’enveloppe de cette initiative, estimée à 45 milliards FCFA, a permis aux entreprises burkinabè de bénéficier de 8,4 milliards FCFA, soit l’un des montants les plus élevés enregistrés parmi les trois pays d’opération du groupe.

Selon Souleymane Boly, cette initiative a permis à deux entreprises burkinabè de passer à une autre échelle en décrochant des marchés dans d’autres pays. Endeavour Mining ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le groupe est en discussion avec d’autres structures financières afin d’étendre le programme. Selon le Directeur Pays Burkina Faso, ces échanges visent à renforcer davantage le financement des fournisseurs locaux.

Photo de famille

Au terme de la cérémonie, le rapport a été officiellement remis au ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières, au Chef d’État-major des armées, aux gouverneurs des régions hôtes, ainsi qu’aux autres parties prenantes.

Par Léon Yougbaré

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