Ghana : 50 % du cacao bientôt transformé localement

Le gouvernement ghanéen a lancé un programme de réformes de grande envergure pour restructurer en profondeur le secteur cacaoyer, à la suite d’un examen jugé accablant des huit dernières années de gestion. L’annonce a été faite le 12 février 2025 à Accra par le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, à l’issue d’une réunion du Cabinet.

Selon le gouvernement, l’audit du secteur a révélé des fragilités financières et structurelles majeures, nécessitant une intervention urgente afin de restaurer la viabilité économique de la filière et de protéger les revenus des producteurs.

La première mesure annoncée concerne le règlement immédiat de tous les paiements en souffrance dus aux producteurs de cacao. Le gouvernement a ordonné à Ghana Cocoa Board de procéder sans délai au remboursement des agriculteurs concernés.

Un nouveau projet de loi sur l’Office du cacao sera également soumis au Parlement. Il instaurera un mécanisme d’ajustement automatique du prix à la production, aligné sur les cours mondiaux, les taux de change et d’autres variables clés. Le texte garantit aux producteurs un minimum de 70 % du prix brut FOB à l’exportation.

Pour le reste de la campagne 2025-2026, le prix à la production a été fixé à 41 392 cédis par tonne et 2 587 cédis par sac, représentant 90 % du prix brut FOB obtenu.

La réforme prévoit également un changement majeur dans le financement des achats de cacao. Le système de prêt syndiqué, utilisé depuis plus de trente ans, est abandonné, jugé désormais non viable.

À compter de la campagne 2026-2027, un nouveau modèle reposera notamment sur l’émission d’obligations cacaoyères nationales. Les fonds levés serviront à financer les achats de cacao et à constituer un fonds de roulement destiné à rembourser les investisseurs au cours de la campagne. Cette initiative vise à réduire la dépendance aux préfinancements privés et à améliorer la flexibilité financière de la filière.

Industrialisation et transformation locale

Les réformes s’accompagnent d’un objectif d’industrialisation renforcée. Dès la campagne 2026-2027, au moins 50 % des fèves produites au Ghana devront être transformées localement. Cette orientation vise à accroître la valeur ajoutée nationale, stimuler l’emploi et consolider la position du Ghana dans la chaîne de valeur mondiale du cacao.

La Société d’achat de produits agricoles sera relancée afin de redevenir un acteur central du marché, tandis que l’entreprise publique de transformation du cacao est appelée à jouer un rôle stratégique dans l’extension des capacités industrielles.

Outre ces mesures, le gouvernement envisage aussi d’assainir le bilan de Ghana Cocoa Board. Environ 5,8 milliards de cédis dus au ministère des Finances et à la Banque du Ghana pourraient être convertis en actions, sous réserve de l’approbation du Parlement. Les engagements liés aux routes, estimés à 4,35 milliards de cédis, seront transférés au ministère compétent.

Par Bernadette W. Gansonré

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