La Banque du Ghana a annoncé, le 27 janvier 2026, une refonte complète du secteur de la microfinance et des banques communautaires du pays, visant à renforcer la stabilité financière, améliorer la gouvernance et favoriser l’inclusion financière. Les nouvelles directives fixent des exigences de capital plus élevées, clarifient les catégories institutionnelles et imposent des échéances strictes pour la mise en conformité.
Selon ce cadre, les institutions existantes souhaitant devenir des banques de microfinance devront mobiliser au moins 2,5 milliards de FCFA, soit 50 millions de cedis, d’ici le 31 décembre 2026, tandis que les nouveaux entrants devront disposer de 5 milliards de FCFA, soit 100 millions de cedis. Ces mesures visent à résoudre les problèmes persistants de sous-capitalisation et à combler les lacunes en matière de gouvernance et de supervision.
L’ancienne classification en quatre niveaux est remplacée par quatre catégories distinctes, à savoir les institutions de microfinance, les banques communautaires, les coopératives de crédit et les prestataires de services de proximité. Les banques communautaires devront intégrer les zones rurales et urbaines, avec un capital minimum de 252 millions de FCFA, soit 5 millions de cedis, pour les établissements existants et de 504,1 millions de FCFA, soit 10 millions de cedis, pour les nouvelles banques urbaines. Toutes les banques rurales devront se transformer en banques communautaires d’ici le 31 mars 2026.
Les coopératives de crédit dont l’actif dépasse 3 milliards de FCFA, soit 60 millions de cedis, seront placées sous supervision directe de la Banque du Ghana à partir du deuxième trimestre 2026, tandis que les plus petites coopératives et les opérateurs de type susu seront classés comme fournisseurs de services de proximité sous supervision déléguée. Les institutions devront notifier à la Banque du Ghana la voie choisie pour se mettre en conformité, que ce soit la recapitalisation, la fusion, le transfert d’actifs et de passifs ou la liquidation ordonnée, avant le 30 juin 2026, avec un rapport d’étape prévu pour le 30 septembre 2026.
Le rôle d’ARB Apex Bank Limited a été élargi pour fournir des services partagés aux institutions de microfinance, aux banques communautaires et aux coopératives de crédit, notamment le soutien en liquidités d’urgence, la gestion des réserves, la compensation des chèques, la gestion de fonds et la mise en place d’une infrastructure numérique commune. L’ARB Apex Bank coordonnera également les inspections, la formation et la mise en œuvre des politiques afin d’accompagner les institutions en difficulté et de garantir la stabilité du secteur.
La Banque du Ghana considère ces réformes comme essentielles pour créer un secteur de la microfinance plus résilient, mieux capitalisé et géré de manière professionnelle. L’objectif est de soutenir les ménages, les microentreprises et les petites entreprises, tout en réduisant les risques qui ont historiquement fragilisé le système financier.
Ces réformes font suite à l’assainissement du secteur bancaire mené en 2017-2018, période au cours de laquelle plusieurs banques et institutions de microfinance avaient vu leur licence révoquée en raison d’une mauvaise capitalisation, d’une gestion déficiente des risques et de lacunes en matière de gouvernance. Le secteur de la microfinance entre ainsi dans une nouvelle phase de professionnalisme et de croissance inclusive, avec des institutions mieux préparées à servir les communautés et à soutenir le développement économique national.
Par Leila Toé


