Le producteur russe d’aluminium Rusal prévoit de créer une coentreprise au Ghana pour exploiter et traiter la bauxite, avec un objectif de production annuelle de 5 millions de tonnes. Le projet, officialisé par un mémorandum signé avec une agence publique ghanéenne, pourrait renforcer l’approvisionnement du groupe en matières premières tout en contribuant au développement de l’industrie locale de l’aluminium.
Le projet prend forme dans le cadre du renforcement des relations économiques entre Moscou et les pays africains. Selon l’agence de presse russe RIA, le directeur général de Rusal, Evgeny Nikitin, a annoncé que la future coentreprise disposerait également d’une capacité annuelle de traitement de 1,2 million de tonnes de bauxite. Le mémorandum a été signé jeudi en marge du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, organisé à Moscou, avec l’agence publique ghanéenne chargée du développement de l’industrie de l’aluminium.
À ce stade, les principales modalités du projet restent à préciser. Ni le montant de l’investissement, ni le calendrier de réalisation, ni le site d’implantation ou la structure de propriété de la future entité n’ont été communiqués.
Pour Rusal, cette implantation potentielle au Ghana représente une opportunité de consolider son approvisionnement en bauxite, minerai essentiel à la fabrication de l’alumine, elle-même utilisée dans la production d’aluminium. Le groupe dispose déjà d’importants actifs miniers en Guinée, notamment la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK), le gisement de Dian-Dian et le complexe de Friguia. Le projet ghanéen viendrait ainsi compléter son dispositif d’approvisionnement en Afrique de l’Ouest, une région stratégique pour l’industrie mondiale de la bauxite.
L’enjeu est également industriel. Rusal exploite sept mines de bauxite dans le monde, dont deux en Russie. En 2025, l’entreprise a produit 18,453 millions de tonnes de ce minerai, couvrant avec sa propre production 88 % des besoins en bauxite de ses raffineries d’alumine. Si elle atteint les volumes annoncés, la future exploitation ghanéenne pourrait ajouter 5 millions de tonnes à ses capacités annuelles, soit un volume équivalant à environ 27 % de la production mondiale du groupe enregistrée en 2025.
Pour le Ghana, l’intérêt du projet réside dans la possibilité de mieux valoriser ses ressources minérales au-delà de leur simple extraction. La capacité de traitement envisagée de 1,2 million de tonnes par an pourrait favoriser le développement d’activités industrielles locales, même si le mémorandum ne précise pas encore les produits qui seront transformés sur place ni le niveau exact d’intégration industrielle prévu.
Par Amhed Coulibaly


