Le commerce extérieur du Ghana a connu une année 2025 exceptionnelle. Selon le rapport annuel sur les statistiques du commerce international des marchandises publié par le Service statistique du Ghana (GSS), le pays a dégagé un excédent commercial de 148,3 milliards de GH¢, soit 7 255,3 milliards de FCFA, contre 44,7 milliards de GH¢ (2 187,2 milliards de FCFA) un an plus tôt. Ce résultat représente une progression de plus de 230 % en glissement annuel.
Cette performance s’explique par une forte accélération des exportations, qui ont largement dépassé les importations tout au long de l’année. Les ventes de marchandises à l’étranger ont atteint 401,5 milliards de GH¢ (19 644,4 milliards de FCFA), contre des importations de 253,2 milliards de GH¢ (12 389,1 milliards de FCFA). Au total, les échanges commerciaux du pays ont progressé de 20,1 %, passant de 545,1 milliards de GH¢ (26 668,7 milliards de FCFA) en 2024 à 654,7 milliards de GH¢ (32 033,4 milliards de FCFA) en 2025.
Les données du GSS confirment la prépondérance de l’or dans le commerce extérieur ghanéen. À lui seul, l’or a généré 252,4 milliards de GH¢ (12 349,9 milliards de FCFA), soit près de 63 % de l’ensemble des exportations du pays.
Le cacao et ses produits dérivés ont constitué le deuxième poste d’exportation, avec 56,2 milliards de GH¢ (2 750,3 milliards de FCFA), devant les combustibles minéraux et les huiles, qui ont rapporté 35,3 milliards de GH¢ (1 727,2 milliards de FCFA).
Ensemble, ces trois catégories représentent près de 86 % des exportations ghanéennes. Une concentration qui illustre la dépendance persistante de l’économie aux matières premières, malgré les efforts engagés pour diversifier la base exportatrice.
Le rapport souligne toutefois un contraste entre les performances nominales et réelles du commerce extérieur. Après correction de l’inflation et des variations de prix, l’excédent commercial nominal laisse place à un déficit commercial réel de 3,4 milliards de GH¢, soit 166,4 milliards de FCFA. Cette évolution montre que l’amélioration des recettes d’exportation tient en grande partie à la hausse des prix internationaux des matières premières, notamment de l’or, davantage qu’à une augmentation équivalente des volumes exportés.
L’Asie consolide sa place de premier partenaire
Sur le plan géographique, l’Asie renforce son poids dans les échanges commerciaux du Ghana. La région a accru sa part dans les exportations ghanéennes de 11,8 points de pourcentage entre 2024 et 2025, tandis que celle de l’Europe a diminué de 6,7 points.
Le Ghana a également élargi son réseau commercial au cours de l’année, important des marchandises de 216 pays et exportant vers 163 destinations, contre un nombre inférieur en 2024.
Du côté des importations, les combustibles minéraux et les huiles demeurent le premier poste d’achats, représentant 25,7 % des importations totales. Leur valeur est passée de 64,3 milliards de GH¢ (3 146,2 milliards de FCFA) à 65 milliards de GH¢ (3 180,5 milliards de FCFA).
La Chine a conservé sa position de premier fournisseur du Ghana, avec des exportations vers le marché ghanéen évaluées à 57,6 milliards de GH¢ (2 818,4 milliards de FCFA), contre 56,8 milliards de GH¢ (2 779,2 milliards de FCFA) un an plus tôt.
Les échanges avec l’Afrique gagnent du terrain
Le commerce intra-africain a également progressé. Le Ghana a enregistré un excédent de 34,7 milliards de GH¢, soit 1 697,9 milliards de FCFA, avec les autres pays du continent, ses exportations représentant plus du double de ses importations africaines.
L’Afrique du Sud est restée la première destination des exportations ghanéennes en Afrique, tandis que le Nigeria demeure le principal fournisseur africain, principalement grâce aux produits pétroliers.
Le rapport met enfin en évidence une amélioration des échanges de produits alimentaires. Les exportations de cette catégorie ont augmenté de 33,3 milliards de GH¢, soit 1 629,4 milliards de FCFA, entre 2024 et 2025, alors que les importations alimentaires ont diminué de 2,4 milliards de GH¢, soit 117,4 milliards de FCFA. Les produits dérivés du cacao représentent à eux seuls 70,8 % des exportations alimentaires du pays, loin devant les fruits et noix comestibles, qui en constituent 12,3 %.
Par Bernadette W. Gansonré


