La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a décidé de maintenir son taux directeur à 9,75% et le coefficient des réserves obligatoires à 11,75%, dans le but de préserver la stabilité macroéconomique et de renforcer la confiance des acteurs économiques. Cette décision a été prise lors de la 20e réunion du Comité de politique monétaire, présidée par Karamo Kaba, gouverneur de la BCRG.
La Banque centrale a justifié ce maintien par la solidité du système financier. En effet, la liquidité bancaire a progressé de 8,1 % pour atteindre 12 764,1 milliards de francs guinéens. Les réserves de change ont été renforcées de 25,7 %, atteignant 3,6 milliards de dollars, couvrant plus de trois mois d’importations. La masse monétaire a ralenti à 23,7 % en septembre 2025, tandis que les taux débiteurs ont reculé à 13,82 %.
Le Comité a également souligné l’amélioration des finances publiques et du compte extérieur. Le déficit budgétaire a été réduit à 2,4 % du PIB, contre 5,9 % au trimestre précédent, et le déficit du compte courant est passé à 106,5 millions de dollars, contre 484,3 millions l’an dernier.
Par ailleurs, la croissance a ralenti à 6,3 % au troisième trimestre 2025, contre 7,1 % au trimestre précédent, soutenue par la demande intérieure et extérieure. L’inflation a repris une légère trajectoire haussière, atteignant 3,7 % en août, tout en restant inférieure au seuil de 5 % fixé par la CEDEAO.
Pour les prochains trimestres, la BCRG prévoit une inflation en légère hausse. Le taux d’inflation annuel devrait atteindre 3,9 % au quatrième trimestre 2025, contre 2,7 % au troisième trimestre, et poursuivre sa progression au cours des deux premiers trimestres 2026, avec des prévisions de 4,0 % et 4,3 %. Sur l’ensemble de 2025, l’inflation moyenne s’établirait à 3,2 %, en hausse de 0,6 point par rapport aux prévisions de juin, tandis que pour 2026, elle devrait atteindre 4,4 % en moyenne.
En parallèle, le Comité a identifié plusieurs risques pouvant peser sur ces perspectives. Il s’agit notamment des difficultés de débarquement au port autonome de Conakry, des perturbations dans l’approvisionnement en produits pétroliers, des pressions budgétaires inflationnistes et de la dégradation des routes rurales pendant la saison pluvieuse.
Des facteurs d’atténuation ont toutefois été relevés, tels que la baisse du coût du fret maritime à l’international, la poursuite de la baisse des cours mondiaux des produits de base, la hausse continue du cours de l’or, la notation B+ de Standard and Poor’s avec perspective stable, la poursuite des travaux d’entretien routier, ainsi que la politique de stabilisation du franc guinéen et le renforcement des réserves de change.
Par Leila Toé


