Entre 2017 et 2023, le Cameroun a importé 409 000 tonnes d’huile de palme, pour une facture totale de 280,4 milliards de FCFA. Cette dépendance aux importations révèle un déficit structurel dans la production locale qui ne parvient pas à couvrir les besoins du marché intérieur. Malgré les efforts de modernisation et d’investissement dans la filière, le pays reste largement tributaire des importations pour satisfaire la demande nationale.
Pour répondre à cette situation, le gouvernement camerounais a présenté son Programme économique et financier, qui prévoit une hausse de la production agricole dans les filières jugées stratégiques. Pour l’huile de palme, l’objectif est d’augmenter la production de 20 500 tonnes en 2026. Cette montée en puissance s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’autosuffisance et à réduire les importations.
Ces ambitions sont soutenues par de nouveaux financements. Deux conventions de prêt, d’un montant total de 51,7 milliards de FCFA, sont en cours de finalisation avec Standard Chartered Bank Londres. Ces fonds seront utilisés pour construire une usine de transformation d’hévéa et une usine d’huile de palme au profit de la Cameroon Development Corporation. L’objectif est de valoriser la production locale, depuis l’amont agricole jusqu’à l’aval industriel, et de renforcer l’offre industrielle nationale.
Les chiffres du premier trimestre 2025 montrent une production nationale d’huile de palme brute de 77 630 tonnes, presque trois fois supérieure à celle du trimestre précédent, portée par le pic de la grande campagne agricole. Cependant, cette progression ne suffit pas à couvrir les besoins du marché. En glissement annuel, la production trimestrielle recule de 10,6 %, et les projections pour l’ensemble de 2025 anticipent une baisse d’environ 2 %.
En 2024, le Cameroun a produit 446 984 tonnes d’huile de palme brute, un volume largement inférieur aux besoins nationaux. Le déficit structurel dépasse 500 000 tonnes par an, ce qui explique la forte dépendance aux importations. Entre 2017 et 2023, le pays a importé 409 000 tonnes, pour un coût de 280,4 milliards de FCFA, renforçant la pression sur la balance commerciale et les finances publiques.
Pour atteindre les objectifs fixés pour 2026, il est indispensable de moderniser l’ensemble de la chaîne de valeur. Cela implique d’améliorer les rendements agricoles, de renforcer l’encadrement des producteurs, d’augmenter les capacités de transformation industrielle, et d’optimiser la logistique et la distribution. Sans ces mesures, le déficit structurel et la dépendance aux importations continueront de peser sur l’économie nationale.
Par Bernadette W.Gansonré


