Les prix du pétrole brut poursuivent leur glissade et pourraient s’enfoncer encore davantage dans les prochains mois. Selon les dernières prévisions des analystes de Citigroup, le Brent pourrait tomber à 60 dollars le baril d’ici la fin de l’année, avec une moyenne estimée à 62 dollars le baril entre le deuxième et le quatrième trimestre 2026.
La banque américaine explique cette perspective par deux facteurs majeurs : l’augmentation attendue de la production de l’OPEP+ et la constitution de stocks massifs par la Chine. L’organisation des pays producteurs de pétrole et ses alliés ont en effet annoncé qu’à partir d’octobre 2025, ils réduiront de 1,6 million de barils par jour leurs productions, modifiant ainsi l’équilibre du marché.
Citi prévoit qu’il en résultera une accumulation importante de stocks, de l’ordre de 1,1 million de barils par jour en 2025 et 2,1 millions en 2026. À terme, les réserves mondiales pourraient atteindre 10,9 milliards de barils fin 2026, soit l’équivalent de 103 jours de couverture de la demande.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte de volatilité persistante. Le Brent, qui évoluait autour de 74,93 dollars en janvier 2025, avait grimpé jusqu’à 82,03 dollars à la mi-janvier, son plus haut niveau de l’année. Mais les tensions commerciales et les droits de douane ont rapidement pesé sur les prix, les ramenant sous les 71 dollars début mars. Après un bref rebond à 74 dollars en avril, le baril est retombé à 63,12 dollars.
Le marché a repris de la vigueur en mai et juin, porté par les inquiétudes géopolitiques au Moyen-Orient, avant de repasser dans le rouge à partir d’août, lorsque les investisseurs ont anticipé une offre excédentaire. Le Brent a alors reculé de plus de 7 % en un mois, terminant août à 67 dollars. La tendance baissière s’est confirmée en septembre, avec un baril évoluant autour de 66 dollars le 19 septembre.
Les inquiétudes concernant la demande mondiale, notamment face au ralentissement économique, l’emportent désormais sur les espoirs liés à une détente monétaire de la Réserve fédérale américaine. Pour Citi, ces signaux annoncent un marché du pétrole davantage marqué par l’abondance de l’offre que par la tension sur la demande.
Par Amhed Coulibaly



