Malgré un stock de dette en progression, la Côte d’Ivoire affiche un ratio dette/PIB de 57,1 % en 2025, en recul par rapport aux 59,5 % enregistrés en 2024 et bien en deçà du seuil communautaire de 70 % fixé par l’UEMOA. Un signal positif qui traduit la vigueur de la croissance économique ivoirienne et une gestion maîtrisée des finances publiques.
En effet, l’encours de la dette de l’administration centrale de Côte d’Ivoire s’établit à 33 159,2 milliards FCFA au 31 décembre 2025. Ce chiffre, arrêté à titre provisoire, reflète la mobilisation soutenue de ressources extérieures et intérieures pour financer les grands chantiers du Programme national de développement (PND 2021-2025).
Avec 21 060,1 milliards FCFA, la dette extérieure représente la part la plus significative de l’endettement public ivoirien, soit environ 63,5 % du total. Elle est structurée autour de quatre grandes catégories de créanciers.
Les créances multilatérales constituent le premier pôle, à hauteur de 8 122,2 milliards FCFA, soit 39 % de la dette extérieure. Les porteurs de titres de créance essentiellement les détenteurs d’eurobonds émis sur les marchés internationaux forment le deuxième groupe, avec 7 332,8 milliards FCFA, soit 35 % du total. Suivent les créances bilatérales, à 2 993,6 milliards FCFA (14 %), et les autres créances, pour 2 611,5 milliards FCFA (12 %).
Quant à la dette intérieure, elle s’élève à 12 099,1 milliards FCFA, soit 36,5 % de l’encours global. Elle repose principalement sur les titres publics, notamment les bons et obligations du Trésor émis sur le marché régional de l’UEMOA, qui totalisent 11 110,3 milliards FCFA, représentant plus de 91 % de cette composante.
Les concours de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’établissent à 858,2 milliards FCFA, tandis que les banques commerciales et assimilées ne détiennent que 125,2 milliards FCFA de créances sur l’État.
Le service de la dette c’est-à-dire l’ensemble des remboursements en capital et des paiements d’intérêts effectués au cours de l’exercice atteint 6 455 milliards FCFA en 2025. Le principal représente 4 692 milliards FCFA, tandis que les charges d’intérêts s’élèvent à 1 762,9 milliards FCFA.
Sur la composante extérieure, le service se chiffre à 2 716,2 milliards FCFA, dont 1 676,9 milliards FCFA au titre du remboursement du principal et 1 039,3 milliards FCFA pour les intérêts. Du côté intérieur, le service s’établit à 3 738,7 milliards FCFA, avec 3 015,1 milliards FCFA pour le principal et 723,6 milliards FCFA pour les intérêts.
Au-delà du stock brut, les indicateurs de structure et de risque de la dette ivoirienne livrent un profil globalement rassurant. Le taux d’intérêt moyen pondéré ressort à 5,1 %. La durée de vie moyenne jusqu’à échéance est de 7,2 ans, témoignant d’un profil de remboursement relativement étalé dans le temps.
La structure par taux s’avère protectrice : 89,4 % de la dette est à taux fixe, ce qui limite sensiblement le risque de hausse des charges financières en cas de remontée des taux d’intérêt mondiaux. Sur la période 2021-2025, les intérêts de la dette ont représenté en moyenne 15,6 % des recettes budgétaires hors dons.
Outre la dette directe, l’État ivoirien porte un stock de dette garantie estimé à 239,6 milliards FCFA au 31 décembre 2025, soit 0,4 % du PIB. Ce passif se répartit entre 210,1 milliards FCFA de garanties sur dette extérieure et 29,5 milliards FCFA sur dette intérieure.
Par Léon Yougbaré


