La République démocratique du Congo (RDC) veut renforcer la valorisation de ses ressources minières. Le gouvernement a annoncé l’interdiction, avec effet immédiat, de l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt, une mesure destinée à favoriser la transformation locale de ces minerais stratégiques et à accroître les retombées économiques pour le pays.
Cette décision, officialisée par un arrêté signé par plusieurs membres du gouvernement, concerne les concentrés issus du traitement primaire des minerais, généralement expédiés à l’étranger pour être raffinés. Désormais, les opérateurs sont appelés à réaliser davantage d’opérations de transformation sur le territoire congolais afin de renforcer la chaîne de valeur nationale.
Premier producteur mondial de cobalt et deuxième fournisseur mondial de cuivre, la RDC entend ainsi capter une part plus importante des revenus générés par son secteur minier. Les autorités estiment que le développement des capacités locales de transformation permettra de stimuler l’industrialisation, de créer davantage d’emplois et d’augmenter les recettes publiques.
Le dispositif prévoit toutefois des dérogations exceptionnelles. Le ministre des Mines pourra autoriser, pour une durée maximale d’un an, certaines exportations jugées stratégiques, le temps de permettre aux opérateurs de s’adapter aux nouvelles exigences.
En parallèle, le gouvernement a instauré un nouveau régime fiscal applicable aux sous-produits miniers, avec une période transitoire de trois mois. Ce mécanisme vise à mieux valoriser les ressources extraites et à accroître la contribution du secteur minier aux finances publiques.
Cette réforme aura un impact direct sur plusieurs grands groupes internationaux actifs en RDC, notamment les sociétés Glencore, Ivanhoe Mines, CMOC, Huayou Cobalt, Zijin Mining et Eurasian Resources Group, qui devront adapter leurs chaînes d’approvisionnement et leurs investissements aux nouvelles règles.
La décision de Kinshasa s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs pays africains visant à limiter l’exportation de matières premières non transformées. Le Nigeria a récemment interdit l’exportation de fèves de cacao brutes afin d’encourager leur transformation locale, tandis que la Zambie renforce les exigences de transformation du cuivre. La Guinée impose désormais le raffinage local de l’or avant exportation, alors que le Zimbabwe a suspendu les exportations de concentrés de lithium pour développer une industrie nationale de transformation.
Par Amhed Coulibaly


