lundi 19 janvier 2026

Le Ghana et le FMI : vers une renégociation du plan de sauvetage de 3 milliards de dollars

Le Fonds Monétaire International (FMI) a exprimé son ouverture à renégocier le programme de financement de 3 milliards de dollars du Ghana, à condition que les réformes en cours ne soient pas compromises. Cette déclaration survient après l’élection de John Dramani Mahama, qui prendra ses fonctions le 7 janvier 2025. Le FMI insiste sur le fait que toute modification doit garantir que les objectifs économiques, notamment en matière de stabilité macroéconomique et de viabilité de la dette, demeurent réalisables.

« Les programmes soutenus par le FMI sont élaborés en collaboration avec les autorités de chaque pays », a précisé un porte-parole de l’institution à Bloomberg. « Tout changement doit s’assurer que les objectifs économiques des programmes de réforme restent atteignables. »

Le Ghana a entamé une restructuration de sa dette après avoir rencontré des difficultés pour honorer ses engagements financiers. À la fin de l’année 2022, la dette publique avait atteint près de 100 % du PIB, et l’inflation avait explosé, atteignant 54,1 % avant de redescendre à 23 % en novembre 2024. La monnaie nationale, le cedi, a également souffert, enregistrant une dépréciation de près de 60 % en quatre ans. En réponse, la Banque centrale a relevé ses taux d’intérêt à un niveau record de 30 % avant de les ramener à 27 %.

Dans le cadre de l’accord actuel du FMI, qui a été lancé en mai 2023, le gouvernement ghanéen doit parvenir à un excédent budgétaire primaire de 0,5 % du PIB d’ici la fin de l’année 2024, tout en visant un ratio de la dette publique au PIB de 55 % d’ici 2028.

Le président Mahama, qui reprend la présidence après avoir occupé ce poste entre 2012 et 2016, a annoncé son intention de renégocier le programme du FMI. Il souhaite faciliter le remboursement des prêts restructurés et alléger la charge fiscale des entreprises. De plus, Mahama mettra l’accent sur la stabilité économique plutôt que sur la croissance immédiate.

Les experts de Barclays Plc, dans une note à leurs clients, estiment qu’il est peu probable que la Nouvelle Démocratie du Ghana (NDC) se retire du programme du FMI. Ils prévoient qu’une renégociation pourrait mieux aligner les priorités économiques de Mahama avec les objectifs à long terme du programme.

Par Amhed Coulibaly

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