Le secteur minier s’impose comme l’un des principaux moteurs de la stratégie de souveraineté économique du Mali. À l’occasion de la clôture des rencontres d’échanges du Gouvernement avec les populations sur le bilan des cinq années de la Transition, les autorités maliennes ont mis en avant les résultats des réformes engagées dans l’industrie extractive, qui ont permis de mobiliser plus de 760 milliards de FCFA auprès des sociétés minières et d’accroître les retombées des ressources naturelles pour les collectivités locales.
Présenté comme l’un des piliers de la refondation économique du pays, le nouveau cadre de gouvernance minière repose sur trois réformes majeures : la relecture du Code minier, l’adoption d’une loi sur le contenu local et la renégociation des conventions minières. Selon le gouvernement, ces mesures visent à rééquilibrer le partage de la rente minière au profit de l’État malien et des populations.
Les autorités indiquent que ces réformes ont permis de recouvrer plus de 760 milliards de FCFA au titre des redevances minières réajustées et des impôts. Cette mobilisation supplémentaire de ressources constitue l’un des principaux leviers de consolidation des finances publiques dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, les sanctions économiques et les tensions géopolitiques qu’a traversés le pays ces dernières années.
Au-delà des recettes budgétaires, le Gouvernement met également en avant les premiers effets de la réforme sur le développement local. Pour la première fois, le Fonds minier de développement local a redistribué 18,4 milliards de FCFA aux communes minières afin de financer des infrastructures d’eau potable, des centres de santé, des établissements scolaires ainsi que divers projets de développement communautaire.
Cette redistribution traduit la volonté des autorités de faire des revenus extractifs un instrument d’aménagement du territoire plutôt qu’une simple source de recettes fiscales. L’objectif affiché est de renforcer l’acceptabilité sociale des projets miniers tout en améliorant les conditions de vie des populations vivant dans les zones d’exploitation.
Le Gouvernement estime que le Mali entend désormais rompre avec un modèle économique reposant essentiellement sur l’exportation de matières premières. Les autorités affichent leur ambition de faire des ressources minières un levier d’industrialisation, de création de valeur ajoutée locale et d’emplois.
« Pendant longtemps, l’or du Mali enrichissait davantage les autres. Désormais, notre ambition est de faire des ressources naturelles un moteur de transformation économique, d’industrialisation, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie des populations », ont rappelé les autorités lors de cette cérémonie.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation structurelle de l’économie. Le Gouvernement prévoit notamment de renforcer la transformation locale des matières premières, d’accélérer les investissements énergétiques indispensables au développement industriel et de soutenir davantage l’entrepreneuriat national.
La réforme du secteur minier apparaît ainsi comme un élément central de la Vision Mali Kura 2063 et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), qui ambitionnent de bâtir une économie plus souveraine, plus compétitive et moins dépendante des exportations de produits bruts.
Pour les autorités, les ressources additionnelles générées par les nouvelles dispositions minières devront désormais être converties en investissements structurants dans les infrastructures, l’éducation, la santé, l’énergie et la formation professionnelle, afin de faire de l’exploitation des richesses du sous-sol un véritable moteur de développement économique durable.
Par Drissa Ouattara


