Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, s’est adressé à la nation le mercredi 31 décembre 2025. À travers ce message, il a dressé un bilan détaillé des actions menées au cours de l’année écoulée et présenté les perspectives pour 2026, en abordant successivement la situation macroéconomique, l’agriculture, les infrastructures, les mines et l’énergie, la santé, l’éducation, l’industrialisation, la digitalisation et le sport.
Sur le plan macroéconomique, le chef de l’État a affirmé que « l’économie burkinabè se porte très bien ». Cette performance se traduit notamment par la capacité du pays à mobiliser des ressources sur le marché régional au-delà des montants attendus, un indicateur de la confiance des opérateurs économiques et de certains bailleurs africains. Il a également souligné que les efforts consentis dans des secteurs clés tels que l’agriculture, la défense et les infrastructures, notamment à travers la prise en charge directe de la construction des ouvrages par l’État, ont permis de réaliser d’importantes économies d’échelle. Le gouvernement entend poursuivre les réformes engagées dans les domaines fiscal et douanier, ainsi que la digitalisation des opérations, afin de réduire la fraude et d’assainir durablement l’économie. Le lancement de la facture électronique certifiée, prévu dès janvier, s’inscrit dans cette dynamique et vise à renforcer la transparence des échanges commerciaux et à accroître les recettes de l’État.
Dans le secteur agricole, 2025 a été qualifiée d’année exceptionnelle. Grâce à une bonne pluviométrie et à des objectifs clairement définis, les résultats ont dépassé les prévisions pour plusieurs spéculations. Le Président a annoncé l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, un objectif stratégique pour le pays. Les efforts se poursuivront en 2026 avec l’acquisition de matériels agricoles, la poursuite des labours gratuits fortement subventionnés, la subvention des intrants et la mise à disposition de semences de qualité issues de la recherche nationale. La récupération progressive des terres sécurisées permettra également d’accroître les superficies cultivées. La création de l’Office national des barrages et des aménagements hydrauliques (ONBAH) vise à doter chaque village de retenues d’eau afin de permettre plusieurs campagnes agricoles par an.
L’élevage a également bénéficié d’actions majeures, notamment des campagnes de vaccination gratuites ou subventionnées ayant permis de préserver des millions de têtes de bétail. La pisciculture connaît une montée en puissance avec l’installation de cages flottantes sur les barrages, contribuant à l’augmentation de la production nationale. Les autorités ambitionnent de réduire significativement les importations de poissons d’eau douce dès 2026, tout en renforçant l’alimentation animale et les cultures fourragères au profit des éleveurs.
Dans le domaine des infrastructures, l’année 2025 a été marquée par la mise en place de brigades de construction de routes dans quatre régions. En 2026, quatre autres régions seront dotées de ces brigades, ouvrant la voie à la construction effective de routes nationales, départementales et d’autoroutes. Le Président a également annoncé un changement de modèle d’urbanisme, avec une implication directe de l’État dans la construction des villes. L’objectif est de promouvoir un urbanisme plus dense, mieux assaini et respectueux des normes sanitaires et environnementales.
Le secteur minier a connu des réformes majeures visant à renforcer la souveraineté nationale sur les ressources. L’État s’est engagé dans le rachat et l’exploitation directe de certaines mines à travers la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB). Par ailleurs, la lutte contre les sorties frauduleuses d’or a été renforcée, permettant un meilleur contrôle de l’orpaillage traditionnel et de l’exploitation industrielle. Ces réformes devraient avoir un impact significatif sur le produit intérieur brut dès 2026 et accélérer la transformation du pays.
Dans les secteurs de l’énergie et de l’eau, des projets structurants ont été lancés pour accroître l’offre et réduire la dépendance aux importations. Une initiative intégrée eau-énergie est annoncée pour permettre un meilleur accès à l’électricité et à l’eau potable sur l’ensemble du territoire, tout en générant des économies d’échelle.
Sur le plan de la santé, plusieurs centres médicaux communaux ont été construits ou achevés en 2025, tandis que d’autres sont en cours de réalisation. L’amélioration des plateaux techniques, notamment en laboratoires et en imagerie, a permis de renforcer l’offre de soins. La baisse des coûts des prestations sanitaires a entraîné une augmentation notable du nombre de patients, y compris en provenance des pays voisins. En 2026, la pose des pierres de neuf centres de santé à l’image du centre de santé de Pala est prévue afin de consolider cette dynamique.
Dans le domaine de l’éducation, le gouvernement a engagé une réforme structurelle axée sur la modernisation des infrastructures et la promotion de l’enseignement technique et professionnel. De nouveaux établissements, conçus selon un modèle de construction en hauteur, verront le jour sur l’ensemble du territoire. Au niveau de l’enseignement supérieur, des centres universitaires, des amphithéâtres et des bâtiments pédagogiques sont en cours de réalisation. La modernisation de l’enseignement passe également par le renforcement de l’éducation numérique, avec l’acquisition de serveurs dédiés aux universités et le développement des bibliothèques en ligne et des laboratoires.
L’industrialisation a connu une accélération en 2025, avec la création de nombreuses unités de transformation des matières premières, soutenues par l’État à travers des fonds nationaux et des banques publiques. Cette dynamique sera renforcée en 2026 avec l’entrée en service de nouvelles unités industrielles, notamment dans la transformation du coton. La restructuration des fonds publics en quatre grands mécanismes vise à mieux accompagner les porteurs de projets et à faire de la transformation locale un levier central de développement.
Concernant la digitalisation de l’administration, elle a enregistré des avancées notables. Le Burkina Faso a lancé un programme quinquennal visant à sortir d’une situation précaire pour devenir un modèle en matière de digitalisation. Les premiers serveurs de datacenters ont été acquis et de grands centres de données sont en construction, permettant aux ingénieurs de concevoir et d’héberger localement des applications. Alors qu’auparavant les administrations dépendaient de solutions importées, souvent non maîtrisées, la majorité des services sont désormais en cours de dématérialisation. Cette modernisation permet aux usagers d’accéder directement aux services depuis leur poste, sans déplacement. La création des maisons du citoyen, prévue à partir de 2026, vise à accompagner les populations peu familiarisées avec les outils numériques et à garantir un accès équitable aux services publics.
Enfin, le sport a bénéficié d’investissements significatifs en 2025. Un stade est en construction à Bobo Dioulasso, dont l’achèvement est prévu pour début 2026. Parallèlement, des espaces sportifs seront aménagés dans toutes les régions afin de permettre aux jeunes de pratiquer une activité physique, de rester en bonne santé et de canaliser leur énergie de manière constructive.
Le discours du Président du Faso souligne l’engagement du pays dans une profonde transformation structurelle. Les résultats enregistrés en 2025 et les orientations annoncées pour 2026 traduisent une stratégie centrée sur la souveraineté économique, l’autosuffisance alimentaire, la modernisation des infrastructures et des services publics, ainsi que la valorisation des ressources nationales. L’ensemble de ces actions devrait permettre à l’économie burkinabè de réaliser des avancées significatives dans son développement.
Par Bernadette W.Gansonré


