Niger/Algérie : pose de la première pierre d’une centrale électrique de 40 MW à Niamey

Le Niger et l’Algérie ont officiellement lancé, le mardi 24 mars 2026 à Niamey, les travaux de réalisation d’une centrale électrique de 40 mégawatts sur le site de Gorou Banda, quartier situé à Niamey. La cérémonie de pose de la première pierre a été présidée conjointement par le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine et son homologue algérien Sifi Ghrieb, en marge des travaux de la deuxième session de la Grande Commission mixte de coopération.

Le projet repose sur l’installation de deux turbines à gaz de 20 mégawatts chacune, pour une capacité totale de 40 mégawatts. Il s’accompagne de dispositifs techniques et logistiques structurants, avec la mise en place d’équipes mixtes associant Sonelgaz, Nigelec et les autorités nigériennes. Ces équipes ont notamment procédé à l’inspection du site, à l’évaluation des conditions d’installation des équipements et à la sélection d’espaces destinés aux infrastructures annexes, dont les entrepôts de matériel électrique. Cela devrait permettre d’assurer une exécution conforme aux exigences techniques et à la feuille de route définie en amont.

Le projet intègre également le développement des réseaux de transport et de distribution, dans une logique de renforcement global du système électrique national. Cette approche conjointe entre la société algérienne Sonelgaz et la société nigérienne Nigelec vise à améliorer la desserte en énergie tout en favorisant le transfert de compétences et l’échange d’expertise entre les deux pays.

La mise en service de la centrale est prévue pour fin juin 2026. Elle s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la visite de travail du président nigérien Abdourahamane Tiani en Algérie en février dernier, qui avait ouvert la voie à plusieurs projets communs dans les domaines de l’énergie et des infrastructures. Le projet a ainsi été conçu et validé dans le cadre d’une impulsion politique au plus haut niveau, avec un suivi direct des autorités des deux États.

Pour le Niger, cette infrastructure constitue un levier important dans la réduction de la dépendance énergétique du pays. Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a insisté sur la portée stratégique de ce projet, présenté comme une contribution concrète à l’objectif d’autonomie énergétique. Il a rappelé que le pays ambitionne de réduire significativement sa dépendance aux importations d’électricité, qui couvrent encore une part importante de la consommation nationale, dans un contexte marqué par des contraintes d’approvisionnement ces dernières années. Revenant sur la période de l’embargo, le chef du gouvernement a indiqué qu’une priorité avait alors été de s’attaquer à une dépendance énergétique estimée à plus de 70 %, avec pour objectif de renforcer progressivement les capacités nationales afin que le Niger puisse, à terme, assurer lui-même l’essentiel de sa consommation électrique.

Ce projet vise ainsi à renforcer la stabilité du réseau électrique et à améliorer la qualité du service dans un contexte de demande croissante en énergie, notamment dans la capitale et ses environs. Il illustre également la volonté des deux pays de consolider un partenariat jugé stratégique, fondé sur la complémentarité des expertises et la mutualisation des ressources au service du développement énergétique régional.

Par Leila Toé

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