Le Niger a renoué avec un excédent commercial au premier trimestre 2026, après avoir enregistré un déficit au trimestre précédent. La balance commerciale des biens s’est établie à 85,1 milliards de FCFA sur les trois premiers mois de l’année, contre un déficit de 73 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025. Ce retournement s’explique par la progression des exportations, conjuguée au recul des importations.
Les exportations de marchandises ont fortement progressé entre les deux périodes, passant de 280,4 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025 à 372,3 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, soit une hausse de 32,8 %. Cette dynamique a principalement été portée par les produits pétroliers et les produits agricoles.
Les exportations de produits pétroliers ont, en effet, augmenté de 36,4 %, sous l’effet de la progression simultanée des ventes de pétrole brut (+38,8 %) et d’hydrocarbures (+52,5 %). Cette performance intervient malgré une forte contraction des exportations d’or, en baisse de 56,2 %.
Le secteur agricole a également contribué au redressement des exportations au cours des trois premiers mois de l’année. Les ventes de produits agricoles à l’étranger ont progressé de 45,8 %, soutenues notamment par l’oignon, dont les exportations ont augmenté de 66,1 %, et le souchet, en forte progression de 270,6 %.
La place croissante des hydrocarbures dans les recettes extérieures du pays se reflète également dans les indicateurs de couverture extérieure. Les exportations de pétrole brut et de produits miniers rapportées aux actifs extérieurs nets ont représenté 64,1 % au premier trimestre 2026, contre 53,5 % au quatrième trimestre 2025, soit une progression de 10,6 points de pourcentage.
Sur un an, la tendance demeure toutefois plus modérée. Les exportations de biens ont progressé de 3,6 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025.
Les importations en net recul
Parallèlement à la progression des ventes à l’étranger, les achats de biens ont nettement diminué sur la même période. Les importations se sont établies à 287,2 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre 353,4 milliards de FCFA trois mois plus tôt, soit une baisse de 18,7 %. Le recul est principalement imputable aux importations de produits alimentaires (-10,3 %) et de biens d’équipement (-6,8 %).
La diminution des achats de produits alimentaires à l’étranger s’inscrit dans le contexte de la politique du gouvernement visant à renforcer l’autosuffisance alimentaire et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des approvisionnements extérieurs.
Du côté des biens d’équipement, le repli est notamment lié à la baisse des importations de gros engins et de leurs pièces détachées. En glissement annuel, les importations de biens ont reculé de 1,3 % au premier trimestre 2026 par rapport au premier trimestre 2025.
L’Asie, premier fournisseur du Niger
Sur le plan géographique, la structure des échanges extérieurs demeure marquée par une forte concentration des partenaires selon la nature des flux. Pour les exportations, l’Europe arrive en tête, suivie de l’Asie et de l’Afrique.
Du côté des importations, l’Asie constitue le premier fournisseur du pays, devant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Au total, l’amélioration de la balance commerciale au premier trimestre 2026 résulte donc d’un double mouvement favorable, à savoir une hausse de 32,8 % des exportations et une contraction de 18,7 % des importations par rapport au quatrième trimestre 2025.
Le Niger passe ainsi d’un déficit commercial de 73 milliards de FCFA à un excédent de 85,1 milliards de FCFA en l’espace d’un trimestre, dans un contexte où les exportations pétrolières et agricoles jouent un rôle déterminant dans la dynamique des échanges extérieurs.
Par David Yaméogo


