Après près de huit années d’attente, le Nigeria renoue avec un niveau de réserves extérieures qu’il n’avait plus atteint depuis 2018. Selon les dernières données disponibles, les réserves brutes ont franchi le seuil de 47 milliards de dollars pour s’établir à 47,025 milliards, un sommet inédit depuis le 3 août 2018 où elles s’élevaient à 47,01 milliards de dollars. Un signal fort pour la première économie d’Afrique, qui cherche à consolider sa stabilité macroéconomique dans un contexte de réformes monétaires et de tensions sur le marché des changes.
Cette progression ne relève pas d’un simple sursaut ponctuel. Elle s’inscrit dans une trajectoire ascendante amorcée dans les dernières semaines de 2025 et qui s’est poursuivie au début de 2026. À la clôture de l’exercice 2025, les réserves du Nigeria atteignaient environ 45,5 milliards de dollars, contre près de 40,8 milliards en début d’année. En douze mois, le pays a ainsi engrangé une hausse d’environ 4,7 milliards de dollars, traduisant une amélioration sensible des flux de devises et une gestion plus rigoureuse des entrées en monnaie étrangère.
Le mois de janvier 2026 a confirmé cette dynamique. Les réserves ont débuté l’année à 45,565 milliards de dollars pour clôturer le mois à 46,279 milliards, soit un gain supérieur à 700 millions de dollars en l’espace de quelques semaines. Rien que durant les 22 premiers jours de janvier, l’augmentation atteignait déjà environ 509 millions de dollars. Une performance qui met en évidence des flux soutenus et une amélioration progressive des conditions de liquidité sur le marché des changes.
Le mouvement de reconstitution des marges extérieures avait déjà pris forme en décembre 2025, lorsque les réserves étaient passées d’environ 44,8 milliards à 45 milliards de dollars, un niveau alors qualifié de plus haut en six ans. Depuis le 19 décembre 2025, la progression s’est maintenue de manière régulière, traduisant un effort mesuré mais constant de consolidation des tampons externes du pays.
Le franchissement du seuil psychologique des 47 milliards de dollars donne aujourd’hui un nouvel élan aux perspectives à moyen terme de la Banque centrale du Nigeria. L’institution a fixé un objectif ambitieux : porter les réserves à 51 milliards de dollars d’ici fin 2026, dans le cadre de sa stratégie globale de stabilisation macroéconomique. À leur niveau actuel, les réserves se situent désormais à leur plus haut point depuis août 2018, ce qui renforce la crédibilité de cette projection.
Si le rythme actuel d’accumulation se poursuit, l’objectif des 51 milliards de dollars pourrait être atteint dans les délais annoncés. Un tel niveau offrirait à la banque centrale une marge de manœuvre accrue pour contenir la volatilité du naira, honorer les engagements extérieurs du pays et rassurer les investisseurs sur la solidité de la position extérieure nigériane.
Par Drissa Ouattara


