PND Tchad connexion 2030 : 20,5 milliards de dollars d’engagements financiers obtenus sur 30 milliards de dollars recherchés

À l’issue du Forum sur le commerce et l’investissement entre les Émirats arabes unis et le Tchad, tenu les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, le Tchad a obtenu des engagements financiers d’un montant global de 20,5 milliards de dollars (12 300 milliards FCFA), représentant les deux tiers du financement de son Plan national de développement quinquennal, baptisé « Tchad Connexion 2030 ». Cet accomplissement résulte d’une mobilisation du secteur public et privé, marquée par la signature de 40 protocoles d’accord (MoU) dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture, les mines, le textile, le tourisme, l’éducation et l’industrialisation.

Ce forum, qui a réuni près de 2 000 participants, a été l’occasion pour le Tchad d’officialiser à l’échelle mondiale son plan de développement. La rencontre a rassemblé de hautes personnalités, parmi lesquelles le Président Mahamat Idriss Déby Itno, Son Altesse Cheikh Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyane, le Président du conseil des ministres togolais Faure Gnassingbé, le Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine, ainsi que des ministres et dirigeants d’institutions financières internationales.

Le Tchad a bénéficié, à cette occasion, d’engagements concrets de la part de 30 bailleurs de fonds internationaux et banques multilatérales de développement, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).

En marge de l’événement, le Dr Thani ben Ahmed Al Zeyoudi, ministre d’État chargé du commerce extérieur des Émirats arabes unis, a annoncé la finalisation prochaine d’un Accord de partenariat économique global (CEPA) entre le Tchad et les Émirats, attendu d’ici la fin de l’année.

Le Président Mahamat Idriss Déby Itno, saluant ce tournant historique pour le pays, a également insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes pour améliorer le climat des affaires et réduire la bureaucratie, conditions essentielles pour transformer ces engagements en investissements effectifs.

Le Plan Tchad Connexion 2030 s’articule autour de quatre axes stratégiques majeurs, déclinés en 17 programmes et 268 projets, visant à transformer en profondeur l’économie et la société tchadienne. Il met l’accent sur le développement des infrastructures essentielles notamment l’énergie, l’eau, le transport, la connectivité numérique et les institutions publiques performantes, le renforcement des politiques sociales dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et de l’emploi des jeunes, la diversification économique à travers la promotion du Made in Chad et le développement des filières agricoles, industrielles, minières et touristiques, ainsi que l’amélioration du climat des affaires soutenue par une diplomatie économique proactive destinée à accroître l’attractivité du pays.

L’ambition du Plan « Tchad Connexion 2030 », en rappel, est d’atteindre une croissance annuelle moyenne du PIB réel de 8% sur la période 2025-2030, avec des effets tangibles sur le bien-être des populations. Il vise notamment à élargir considérablement l’accès à l’électricité, qui devrait couvrir 90% des zones urbaines et 60% du territoire national, tout en garantissant l’approvisionnement en eau potable pour 11 millions de personnes supplémentaires. Le plan prévoit également de doubler la production agricole afin de renforcer la sécurité alimentaire, de réduire de moitié la mortalité maternelle et néonatale grâce à une amélioration des services de santé, et de porter le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire à 80% contre 43% aujourd’hui, marquant ainsi une étape décisive vers un développement plus inclusif et durable.

Avec un financement global estimé à 30 milliards de dollars, dont les deux tiers déjà sécurisés, Tchad Connexion 2030 ambitionne de hisser le pays parmi les économies à revenu intermédiaire d’ici 2030. Cette vision repose sur un partenariat étroit entre l’État, le secteur privé et les partenaires internationaux, mais aussi sur la volonté politique d’instaurer un cadre institutionnel et économique propice à la compétitivité.

Par Léon Yougbaré

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