Problématique du logement au Burkina :« Construire en hauteur » et « Logement d’abord, parcelle après », les solutions de Dieudonné Sawadogo

Le Burkina fait face à un déficit alarmant de logement alors que la population maintient un rythme de croissance accélérée oscillant entre 2,4 et 3,1% par an. Selon l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), la population totale du pays atteint 24,1 millions d’habitants contre 20,51 millions en 2019, soit une progression de 14,4%, représentant 3,57 millions d’habitants de plus en seulement 6 ans.

Face à cette évolution démographique, combinée à un manque de 500 000 unités de logement chaque année en croissance annuelle de 40 000 à 50 000 unités selon la Caisse des dépôts et d’investissements du Burkina Faso (CDI-BF), Dieudonné Barkwendé Sawadogo partage ses réflexions à travers deux ouvrages : « Construire en hauteur » et « Logement d’abord, parcelle après ».

La dédicace des œuvres est intervenue dans la soirée du jeudi 18 décembre 2025 à Ouagadougou. Selon l’auteur, ces deux ouvrages sont l’aboutissement d’intenses travaux de recherches ayant débuté depuis 2023. Le constat, dit-il est parti de l’étalement anarchique de la ville de Ouagadougou et d’autres pôles urbains du pays. Ouagadougou par exemple, occupe de nos jours 52 000 hectares, soit 520 km² avec près de 60% de parcelles non mises en valeur. M. Sawadogo explique que cet étalement a occasionné la création des zones à habitats spontanés, couramment appelé non lotis qui concentrent entre 40 et 50% de la ville de la capitale avec plus de 2 millions d’habitants.

Dieudonné Barkwendé Sawadogo, auteur

« Il est important aujourd’hui qu’on privilégie la construction en hauteur en lieu et place de la construction pavillonnaire », suggère Dieudonné Sawadogo, qui estime que ce vieux modèle revient encore plus cher aux ménages. À en croire, les burkinabè devraient se préoccuper d’avoir un logement au détriment des parcelles. Pour cela, a-t-il indiqué, l’État devrait recadrer la fonction des agents immobiliers en leur donnant plus de poids. « Aujourd’hui, il faut reconnaître que ce sont les agents immobiliers qui font le foncier au Burkina Faso. C’est de les valoriser et permettre à chaque agent immobilier d’avoir un agrément pour lui permettre de vendre sans crainte », a-t-il ajouté, préconisant la création d’un Registre national des agents immobiliers (RNAI) dans lequel ces acteurs devraient être déclarés.

Pour M. Sawadogo, l’État a déjà engagé des réformes majeures dans le secteur à travers entre autres l’adoption de la nouvelle loi consacrant la promotion immobilière et non celle foncière, l’adoption d’un décret obligeant la construction des logements sociaux en hauteur en août 2025 ainsi que le programme Deen Ka Soow visant la construction de 50 000 logements entre 2024 et 2028 pour un coût total de 2 200 milliards FCFA. « Maintenant, il revient aux citoyens de jouer aussi leur partition », a-t-il lancé, suggérant la création de coopératives de logements, car convaincu que « l’État ne pourra pas à lui seul construire des logements ».

Par Léon Yougbaré

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