Sénégal : Les recettes mobilisées au 3e trimestre 2025 s’élèvent à 3 254 milliards de FCFA.

Au troisième trimestre de l’année 2025, l’exécution du budget de l’État sénégalais met en lumière une dynamique positive, marquée par une progression continue de la mobilisation des recettes publiques. Ainsi, à la fin du mois de septembre 2025, les recettes du budget général s’établissent à 3 254,0 milliards de FCFA, pour une prévision annuelle fixée à 4 668,9 milliards de FCFA dans la loi de finances rectificative. Le taux de réalisation atteint alors 69,7 %, traduisant une avancée notable qui résulte aussi bien de la croissance des recettes fiscales que de la bonne performance des recettes non fiscales.

Les recettes fiscales, qui constituent la principale composante des recettes de l’État, totalisent 2 987,9 milliards de FCFA à la fin du mois de septembre 2025. Elles représentent 72,9 % de l’objectif annuel fixé à 4 099,6 milliards de FCFA. En glissement annuel, elles progressent de 211,1 milliards de FCFA, soit une hausse de 7,6 %, portée conjointement par l’augmentation des impôts directs et celle des impôts indirects. Cette tendance reflète une activité économique soutenue, ainsi qu’une mobilisation accrue au niveau des administrations fiscales.

Concernant les impôts directs, ils atteignent 1 172,0 milliards de FCFA, ce qui correspond à 81,9 % de l’objectif annuel de 1 430,4 milliards de FCFA. En comparaison annuelle, ils augmentent de 119,2 milliards de FCFA, soit une progression de 11,3 %. L’impôt sur les sociétés enregistre 432,9 milliards de FCFA, dépassant légèrement son objectif et atteignant un taux de réalisation de 100,7 %. De son côté, l’impôt sur le revenu s’élève à 578,1 milliards de FCFA, ce qui représente 68,1 % de la cible annuelle de 849,2 milliards de FCFA. La contribution forfaitaire à la charge de l’employeur totalise pour sa part 41,1 milliards de FCFA, soit un taux de 82,1 %. Par ailleurs, l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières et l’impôt sur les capitaux mobiliers atteignent ensemble 111,5 milliards de FCFA, correspondant à un niveau de réalisation particulièrement élevé de 128,7 %. Enfin, la taxe sur la plus-value immobilière affiche 8,3 milliards de FCFA, soit 57,1 % de la cible annuelle de 14,6 milliards de FCFA.

Les impôts indirects, qui viennent compléter l’effort fiscal, atteignent 1 661,2 milliards de FCFA, pour un taux de réalisation de 67,2 % par rapport à la prévision annuelle de 2 470,7 milliards de FCFA. En glissement annuel, ils augmentent de 86,1 milliards de FCFA, soit une progression de 5,5 %. Ils comprennent principalement les taxes sur les biens et services, auxquelles s’ajoutent plusieurs taxes spécifiques.

Les taxes sur les biens et services, qui représentent 77,5 % des impôts indirects, totalisent 1 287,1 milliards de FCFA à la fin du mois de septembre 2025, soit un taux de réalisation de 66,0 %. Dans cette catégorie, la taxe sur la valeur ajoutée à l’importation atteint 533,9 milliards de FCFA, soit 73,7 % de son objectif annuel. Cette taxe se décompose entre 374,2 milliards de FCFA pour les importations hors pétrole et 159,7 milliards de FCFA pour les importations de produits pétroliers. En parallèle, la taxe sur la valeur ajoutée intérieure hors pétrole s’élève à 347,8 milliards de FCFA, ce qui correspond à un taux de réalisation de 58,9 %. La taxe sur la valeur ajoutée intérieure pétrole atteint quant à elle 15,7 milliards de FCFA pour un taux de 39,9 %. Les taxes spécifiques sur le pétrole totalisent 159,2 milliards de FCFA, ce qui correspond à un taux de 64,3 %. La taxe sur la consommation hors pétrole génère 71,2 milliards de FCFA, soit un taux de 64,0 %, tandis que la taxe sur les activités financières atteint 91,8 milliards de FCFA, représentant un taux de 67,4 %.

Les taxes annexes poursuivent également leur progression. La taxe spéciale sur le ciment atteint 17,0 milliards de FCFA et la taxe sur les contrats d’assurance 12,0 milliards de FCFA. Les droits de porte ne sont pas en reste, totalisant 305,2 milliards de FCFA, dont 265,6 milliards de FCFA pour les importations hors pétrole et 39,6 milliards de FCFA pour les produits pétroliers. Les autres droits et taxes perçus au cordon douanier atteignent 68,9 milliards de FCFA, répartis entre les programmes PROMAD, PSE et COSEC.

Les droits d’enregistrement et de timbre enregistrent 69,1 milliards de FCFA, soit un taux de recouvrement de 50,4 %, tandis que le Fonds de sécurisation des importations de produits pétroliers affiche une performance remarquable avec 85,7 milliards de FCFA mobilisés, soit 139,0 % de l’objectif. Cette performance découle directement de la faiblesse des prix internationaux du pétrole.

Les recettes non fiscales, qui complètent le dispositif budgétaire, atteignent 214,2 milliards de FCFA à la fin du mois de septembre 2025. Elles correspondent à 75,8 % de l’objectif annuel de 282,7 milliards de FCFA. La redevance radioélectrique mobilise 44,5 milliards de FCFA, ce qui représente 206,0 % de son objectif annuel. Les dividendes et produits financiers totalisent 105,7 milliards de FCFA pour une prévision de 69,6 milliards de FCFA. Les dividendes atteignent 84,7 milliards de FCFA, soit 163 % de leur objectif, tandis que les commissions de transfert se chiffrent à 20,5 milliards de FCFA, correspondant à 123,5 %. Les intérêts de placements génèrent 0,4 milliard de FCFA pour un taux de réalisation de 37 %. Les recettes d’exploitation pétrolière totalisent 54,5 milliards de FCFA pour un taux de 79,5 %. Enfin, les revenus du domaine atteignent 9,0 milliards de FCFA pour un taux de 31,1 %.

À la fin du troisième trimestre 2025, les dons reçus totalisent 52,0 milliards de FCFA, ce qui représente 18,1 % de l’objectif annuel. Les dons en capital atteignent 48,7 milliards de FCFA, soit 20,2 % des prévisions, tandis que les appuis budgétaires totalisent 3,3 milliards de FCFA pour un taux de 7,3 %. Parmi les principaux donateurs figurent la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement, la coopération japonaise, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, le Fonds international de développement agricole, la banque de développement allemande KFW, l’Italie etc.

Dans l’ensemble, l’exécution budgétaire du troisième trimestre 2025 confirme la capacité de l’État à mobiliser efficacement ses ressources internes, malgré un contexte économique international incertain.

Par Bernadette W.Gansonré

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