Tchad : le Sénat adopte le budget 2026 estimé à 2 531,5 milliards FCFA

Réuni en séance plénière ce vendredi 26 décembre 2025, le Sénat a examiné le projet de loi de finances relatif au budget général de l’État tchadien pour l’exercice 2026. Les travaux, présidés par Dr Haroun Kabadi, se sont déroulés en présence de plusieurs membres du gouvernement. À l’issue des délibérations, le texte a été adopté par la majorité, avec 64 voix favorables sur 67 votants.

Pour l’exercice 2026, les ressources totales sont arrêtées à 2 275 milliards de FCFA, en recul de 6 % par rapport à 2025. Cette baisse s’explique principalement par la diminution des recettes pétrolières, projetées à 779,86 milliards de FCFA contre 994 milliards de FCFA l’année précédente. Les recettes hors pétrole sont estimées à 1 094 milliards de FCFA, tandis que les dons atteignent 401 milliards de FCFA. Pour sécuriser les ressources, le gouvernement mise sur l’élargissement de l’assiette fiscale, l’interconnexion des systèmes informatiques des régies financières et une meilleure identification des contribuables.

En parallèle, les dépenses publiques poursuivent leur progression. Elles sont prévues à 2 531,50 milliards de FCFA, en hausse de 9 %. Les charges de personnel atteignent 693,45 milliards de FCFA, suivies des dépenses de biens et services estimées à 235,32 milliards de FCFA et des transferts évalués à 304,97 milliards de FCFA. L’effort budgétaire porte principalement sur l’investissement, dont l’enveloppe augmente de 20 % pour s’établir à 1 172,25 milliards de FCFA, financés par les ressources internes et externes.

Le texte de l’exercice 2026 introduit deux réformes structurantes. La première concerne le renforcement de la mobilisation des ressources propres afin de réduire la dépendance aux financements extérieurs. La seconde vise à impulser une nouvelle dynamique de l’économie minière, avec une meilleure redistribution des revenus issus des redevances au profit des territoires producteurs.

La loi de finances 2026 accorde une attention particulière à la décentralisation. Les transferts en faveur des collectivités autonomes passent de 39 milliards de FCFA à 47 milliards de FCFA. De nouvelles modalités de répartition des taxes locales sont prévues, notamment pour la taxe sur le bétail et la taxe d’habitation. La dotation solidaire de base accordée aux communes après les élections est également revue à la hausse, passant de 5 milliards de FCFA à 17 milliards de FCFA, en complément des allocations calculées selon la population électorale.

Le budget affirme par ailleurs un soutien renforcé au secteur privé. Il prévoit la simplification des procédures administratives, la digitalisation des services publics et l’amélioration du climat des affaires, avec pour objectif de stimuler l’investissement et la création de valeur.

Sur le plan social, les autorités maintiennent un niveau élevé d’engagement. Près de 20 % du budget est consacré à l’éducation et à la formation, tandis que la santé et la protection sociale représentent environ 15 % des crédits. Les investissements dans les infrastructures, l’eau et l’énergie concentrent plus de 30 % des dépenses totales, traduisant une stratégie axée sur la croissance et l’amélioration des services de base.

À la fois social et favorable à l’initiative privée, le projet de loi 2026 pose les bases d’une gouvernance économique fondée sur le partage des responsabilités, la décentralisation des ressources et le renforcement des capacités des territoires.

Par Bernadette W.Gansonré

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