Le Caire, le 25 octobre 2025. La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a célébré la fin du mandat du Professeur Benedict Oramah, Président et Président du Conseil d’Administration, lors d’une conférence d’hommage organisée au Caire. À cette occasion, le Président sortant a rappelé qu’il avait fait de la promotion du commerce et de l’investissement intra-africains le cœur de la stratégie de la Banque, convaincu que cette voie représentait la seule option durable pour le développement et l’émancipation économique du continent africain.
Plus de deux mille invités ont pris part à la cérémonie, parmi lesquels des chefs d’État, des anciens dirigeants, des ministres, des représentants gouvernementaux, des hommes d’affaires africains et caribéens, les anciens Présidents d’Afreximbank, le Président désigné Dr George Elombi, les membres du Conseil d’administration, des actionnaires, ainsi que des collaborateurs et des proches du Professeur Oramah.
Dans son discours d’adieu, le Professeur Oramah a déclaré que la philosophie de son mandat reposait sur la conviction que la seule voie viable pour le développement de l’Afrique consistait à inverser la logique du « diviser pour régner » et du « diviser pour conquérir » qui avait maintenu le continent et sa diaspora dans la dépendance et le désespoir pendant des décennies. Il a ajouté que le moteur du développement africain devait être alimenté de l’intérieur, car l’histoire avait démontré que les intérêts extérieurs étaient souvent prédateurs, sauf lorsqu’ils étaient engagés à partir d’une position de force et de détermination. Selon lui, les multiples combats menés par Afreximbank ont produit des résultats tangibles, matérialisés par de nouvelles institutions et des mécanismes innovants venus renforcer l’arsenal économique de l’Afrique dans sa quête d’autonomie et de souveraineté.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, le Dr George Elombi, Président désigné d’Afreximbank, a salué un dirigeant visionnaire et pragmatique, affirmant que le Professeur Oramah faisait partie des rares dirigeants capables d’allier vision et exécution. Sous sa direction, a-t-il rappelé, la Banque et ses partenaires ont posé les bases d’un système solide favorisant le commerce intra-africain et l’industrialisation du continent. Il a souligné que le Professeur Oramah avait affronté de front les défis du sous-développement industriel africain et qu’Afreximbank s’imposait désormais comme l’une des principales institutions multilatérales œuvrant pour la transformation économique de l’Afrique.
Le bilan du Professeur Oramah est impressionnant. En dix ans de présidence, le total du bilan et des garanties de la Banque est passé de 6 à près de 44 milliards de dollars US, soit environ 27 500 milliards FCFA. Durant cette période, Afreximbank a lancé plusieurs initiatives majeures, notamment la mise en œuvre anticipée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), soutenu par une facilité de compensation de trois milliards de dollars US, est désormais opérationnel dans vingt pays et permet aux États africains de commercer en utilisant leurs monnaies locales. Le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, appuyé par une contribution d’un milliard de dollars US et mis en œuvre en partenariat avec le Secrétariat de la ZLECAf, aide les États membres à s’adapter au nouveau régime commercial.
Le Salon biennal du commerce intra-africain, lancé en 2018, a permis de lever d’importantes barrières d’accès à l’information commerciale et aux opportunités d’investissement sur le continent. En quatre éditions, il a généré plus de 170 milliards de dollars US en accords commerciaux et accueilli près de 180 000 visiteurs. La plateforme numérique Africa Trade Gateway, mise en place par la Banque, facilite quant à elle l’accès à l’information et aux opportunités économiques. Les Centres du commerce africain Afreximbank, implantés dans plusieurs pays, sont devenus des pôles stratégiques d’échanges économiques et d’investissements.
Dans le domaine de la normalisation, les centres de tests et de certification de la Banque ont permis d’harmoniser près de 500 normes dans des secteurs clés tels que la pharmacie, l’agriculture, l’automobile ou le textile, facilitant ainsi le commerce intra-africain. Par ailleurs, en partenariat avec la ZLECAf et le COMESA, Afreximbank a lancé un Système collaboratif africain de garantie de transit doté d’un milliard de dollars US, qui permet de lever les obstacles liés au transport des marchandises à travers les frontières.
Sous la direction du Professeur Oramah, la Banque a également soutenu la création de zones industrielles et économiques spéciales à travers le continent, contribuant à la naissance de nouvelles capacités d’exportation et d’industries lourdes, notamment la raffinerie et le complexe pétrochimique Dangote au Nigeria. Elle a aussi renforcé les liens économiques et culturels entre l’Afrique, la Caraïbe et la diaspora africaine, tout en favorisant la construction de centres médicaux d’excellence destinés à améliorer l’accès à des soins de santé de qualité.
Pendant la pandémie de COVID-19, Afreximbank a joué un rôle déterminant en mobilisant plus de dix milliards de dollars US pour aider le continent à résister à la crise, ainsi que deux milliards de dollars US supplémentaires pour permettre à l’Afrique et à la Caraïbe d’acquérir des vaccins. Plus récemment, la Banque a créé la Société africaine de commerce et de distribution (ATDC), une structure conçue pour résoudre les problèmes logistiques liés au commerce transfrontalier africain.
Les nombreux hommages rendus au cours de la conférence ont souligné l’impact considérable du Professeur Oramah sur la transformation économique du continent. Le Dr George Elombi a notamment salué un dirigeant ayant su transformer des décennies de vœux politiques en acquis concrets pour les Africains, ajoutant qu’il laissait à la tête de la Banque un héritage de solidité, d’innovation et de confiance.
Par Drissa Ouattara, Le Caire (Egypte)



