Atelier d’éducation financière : Le Collectif AGIF organise un panel pour lever le voile sur l’accès au financement des femmes entrepreneures

Dans le cadre de l’atelier dédié à l’inclusion des femmes entrepreneures organisé par le Collectif pour l’Autonomisation du Genre et l’Inclusion Financière (AGIF), ce samedi 2 août à Ouagadougou, un panel s’est tenu sous le thème « Comment mieux financer, protéger et accompagner les femmes entrepreneures ». Objectif : faire émerger des pistes concrètes pour lever les freins à l’accès au financement, améliorer l’accompagnement et promouvoir une meilleure couverture des risques pour les femmes évoluant dans l’entrepreneuriat, en particulier dans le secteur informel.

La discussion a été ouverte par Issa BONKOUNGOU, responsable du programme « Ellever » à Ecobank Burkina Faso. Pour lui, le principal obstacle à l’accès des femmes au financement formel reste la non-formalisation de leurs entreprises. « Beaucoup d’entre elles n’ont pas de garanties hypothécaires, ce qui complique leur admissibilité aux financements bancaires classiques », a-t-il précisé.

Issa BONKOUNGOU, responsable du programme « Ellever » à Ecobank Burkina Faso

Néanmoins, dans le cadre du programme Ellever, Ecobank Burkina a assoupli les conditions d’octroi du crédit par l’acceptation de caution/ provision pouvant couvrir au moins 25% à 50% du montant de la sollicitation. La banque accompagne également les femmes dans leurs démarches de formalisation auprès du Centre des Formalités des Entreprises (CEFORE).

Oumar NANA, chef d’agence à Barka Finance, a quant à lui insisté sur le rôle central de la microfinance dans l’autonomisation économique des femmes. « À Barka Finance, nous acceptons des garanties adaptées aux réalités des femmes entrepreneures, comme des réfrigérateurs, des meubles ou des bouteilles de gaz, selon le montant et l’activité. » Barka Finance accompagne ainsi les femmes de façon individuelle ou en groupe.

Oumar NANA, chef d’agence à Barka Finance

Le principal critère d’éligibilité demeure la maîtrise de son secteur d’activité et, à cet effet, une expérience d’au moins six mois est exigée. En parallèle, des formations en éducation financière et en épargne sont régulièrement organisées pour permettre aux femmes d’améliorer la gestion de leurs ressources.

La solvabilité des femmes

Les deux panélistes sont unanimes : les femmes ont un excellent taux de remboursement, malgré quelques retards ponctuels. « À Ecobank Burkina, nous avons accordé 7 milliards de FCFA de financement aux femmes rien qu’en 2024 », a rappelé Issa BONKOUNGOU. Il recommande un schéma de financement en trois temps : premièrement, démarrer sur fonds propres le temps de stabiliser son activité ; deuxièmement, identifier les besoins de financement ; et troisièmement, solliciter l’accompagnement des institutions financières.

« Cela donne plus de poids à leur demande et motive les banques à adapter les conditions. »
Oumar NANA a, quant à lui, insisté sur l’importance d’un suivi régulier et d’un remboursement périodique pour éviter les retards et assurer la pérennité des relations avec les institutions financières.

L’assurance, levier stratégique encore sous-exploité

Le panel a aussi mis en lumière un autre acteur clé de l’écosystème entrepreneurial : l’assurance. Bassidou GUENE, chef de service réseau commercial à Raynal Assurances, a souligné le rôle crucial de la couverture des risques dans la protection des femmes entrepreneures. « Selon les données du CEFORE, le Burkina Faso compte plus de 150 000 petites entreprises, dont 42 % sont dirigées par des femmes, mais à peine 1 sur 10 est assurée », a-t-il déploré.

Bassidou GUENE, chef de service réseau commercial à Raynal Assurance

Pourtant, face aux risques multiformes, l’assurance se présente comme une roue de secours permettant aux entrepreneuses de se relancer en cas de sinistres. Raynal Assurances, par sa gamme de produits variée, se présente aujourd’hui comme le partenaire idéal pour l’entrepreneuriat féminin. En effet, les assurances crédit-caution, responsabilité civile, incendie, sont quelques couvertures importantes pour les entrepreneurs.

Lire aussi : Burkina Faso : Le Collectif AGIF mise sur l’éducation financière pour propulser les femmes entrepreneures – Horonya finance

Donnant son témoignage, Christine TIENDREBEOGO, PDG de Empowerment Consult SARL et LEEMA’C, diplômée en communication, affirme s’être lancée dans l’entrepreneuriat en 2015. Elle débute alors dans le domaine de la coiffure, avec l’ambition d’aller au-delà des standards habituels. En élargissant sa communication autour du cheveu naturel, elle parvient à se faire connaître sur le marché burkinabè en à peine six mois.

Christine TIENDREBEOGO, PDG de Empowerment Consult SARL et LEEMA’C

Parallèlement à la coiffure, Christine se lance dans la restauration et le service traiteur.
Concernant le financement de ses activités, elle explique avoir commencé sur fonds propres. Par la suite, pour accélérer la croissance de son entreprise, elle a eu recours au crédit. C’est en se confiant à son gestionnaire de compte à Ecobank Burkina qu’elle découvre le programme « Ellever » qui l’a aidée à formaliser son activité de restauration. Elle insiste sur l’importance du financement pour le développement d’une entreprise.

Christine souligne également le rôle essentiel de l’assurance. En effet, elle subit deux cambriolages, mais a pu se relever en partie grâce à l’assurance. « Tant que tu évolues, il y aura toujours des imprévus (incendies, vols…), l’assurance est donc un véritable allié », dit-elle.

Son message aux femmes entrepreneures : «Apprenez à mieux contrôler vos émotions, soyez ordonnées dans la gestion de vos entreprises et surtout, restez discrètes dans la gestion de vos finances.»

Ce panel a démontré que l’inclusion financière des femmes ne repose pas uniquement sur l’accès au crédit, mais aussi sur l’accompagnement, la formation et la gestion des risques. Des efforts sont déjà engagés par certains acteurs comme Ecobank Burkina, Barka Finance et Raynal Assurances. Mais il reste un long chemin à parcourir pour structurer un écosystème entrepreneurial résilient où chaque femme, formelle ou informelle, pourra faire croître son activité de manière durable.

Par Bernadette W.Gansonré

Téléphone Collectif AGIF : +226 05 00 00 03

Mail Collectif AGIF : collectifagif@yahoo.com

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