L’année 2024 s’est achevée sous une dynamique positive pour Coris Bourse, propriété du groupe Coris. La Direction générale de la SGI, comme à l’accoutumée, a convié ses clients et partenaires le jeudi 6 mars 2025, à l’effet de leur présenter les bilans de fin d’année et les perspectives du marché financier régional de l’UEMOA. Il ressort que l’année 2024 a été féconde pour Coris Bourse, qui a consolidé sa place de leader détenue depuis 2021 en termes d’actifs en conservation. En effet, elle détient 9,60 % des parts de titres détenus par toutes les Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI). Le portefeuille d’actifs est estimé à plus de 1 000 milliards FCFA au 31 décembre 2024. Une performance saluée par le premier responsable de l’institution, Fancho Hermann Traoré. Selon lui, ce brillant résultat est le fruit de la confiance dont Coris Bourse bénéficie de la part de ses clients et partenaires.
Pour consolider cette dynamique et offrir une meilleure accessibilité à ses services, Fancho Hermann Traoré a annoncé le lancement prochain d’une application mobile. Aussi, dit-il, la SGI va poursuivre sa dynamique de vulgarisation de la bourse au profit des Burkinabè à travers ses offres de formation dont les thèmes, à ses dires, touchent la finance et sont adaptés aux besoins des clients. Ils concernent, entre autres, l’organisation du marché financier régional, la titrisation, la constitution de portefeuilles, la finance islamique et la finance verte.

Bonnes performances du marché boursier tirées par le marché secondaire
Au titre du marché financier de l’UEMOA, le bilan affiche de bonnes performances. En effet, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) de l’UEMOA, en deux années consécutives, se termine au vert. Son marché primaire a enregistré des levées de fonds d’une valeur totale de 1 862 milliards FCFA, dont 1 536 mobilisés via les emprunts obligataires des États. Ces montants sont nettement inférieurs à ceux mobilisés en 2023 et s’expliquent par le ralentissement du dynamisme de ce marché. Par contre, le marché secondaire s’est inscrit dans une tendance positive. En effet, l’indice composite de la BRVM est ressorti en hausse de 28,89 %. Il concerne toutes les actions cotées sur la BRVM. Quant à l’indice « BRVM 30 », qui regroupe les trente valeurs les plus échangées sur un trimestre, il est aussi ressorti en hausse de 28,64 % par rapport à 2023. Ce qui fait de la BRVM la 7ᵉ bourse africaine la plus performante et la 5ᵉ en termes de capitalisation boursière. Au 31 décembre 2024, elle a franchi le cap de 10 000 milliards FCFA de capitalisation, multipliant par 10 son niveau de 1998.
En termes de création de richesse, le marché des actions et celui des obligations ont reversé dans l’économie sous-régionale plus de 800 milliards FCFA, positionnant la bourse comme incontournable pour une économie prospère. Il s’agit précisément de 205 milliards FCFA de dividendes produits par le marché des actions (+9,04 % par rapport à 2023) et 651 milliards FCFA d’intérêts issus du marché obligataire (+25,39 %). « Les marchés financiers constituent le pilier pour les investisseurs institutionnels et individuels leur offrant sécurité, diversification et croissance. Ils offrent un accès privilégié aux opportunités d’investissements, notamment l’acquisition d’actifs financiers (actions, obligations, sukuk, etc.) », dira Fancho Hermann Traoré
La Directrice des opérations et des marchés à Coris Bourse, Lydie Kambou/Bonkian, a indiqué que l’année 2024 a également été marquée par une forte capitalisation boursière de plusieurs entreprises cotées. Orange CI est en tête avec 2 636 milliards FCFA, soit 26 % de la capitalisation totale du marché. Coris Bank International ferme le top 5 de ces entreprises avec 3 % des parts de la capitalisation totale, soit 316 milliards FCFA. Elle a aussi souligné qu’au cours de l’année, des entreprises ont vu leur valeur croître considérablement. Le peloton est mené par deux banques, notamment BOA Mali, dont la valeur s’est accrue de 86,20 %, et 86,12 % pour celle de la BICI CI. Elles sont suivies de SAPH CI (+76,17 %), Sucrivoire (+63,16 %) et Orange CI (+60,35 %). « Une performance tirée par les opérations d’augmentation des capitaux couplée aux bonnes perspectives de rendement, créant de l’engouement des investisseurs autour de ces entreprises », a-t-elle justifié.

Émissions record de titres publics par les pays de l’UEMOA
Les États membres de l’UMOA ont fait recours à plusieurs reprises au marché des titres publics afin de mobiliser des ressources, d’aucuns pour combler leur déficit budgétaire, d’autres pour des projets d’investissements. Ainsi, au cours de l’année 2024, les trésors publics ont mobilisé au total 8 127 milliards FCFA en 180 émissions. Comparé à l’exercice 2023, la tendance affiche une progression de l’ordre de 15,08 %, ce malgré un contexte socio-politique relativement difficile. La répartition par pays place la Côte d’Ivoire au premier rang avec 3 543,17 milliards FCFA mobilisés, soit 44 % du montant total levé et 22 % de progression par rapport à 2023. Avec 802,41 milliards FCFA levés sur le marché en 2024, le Burkina est classé quatrième. Cette mobilisation représente 10 % du total et 31 % d’augmentation.
Par ailleurs, au titre des perspectives de l’exercice 2025, Mme Kambou a annoncé que les pays de l’UEMOA débourseront 2 427 milliards FCFA pour rembourser les titres obligataires émis par syndication. De ce montant, les intérêts vont compter pour 672 milliards FCFA. Pour le Burkina Faso, par exemple, le remboursement des créances va coûter 309 milliards FCFA, dont 88 milliards FCFA comme intérêts.

De même, l’année 2025 s’annonce prolifique en mobilisation de ressources sur le marché financier régional. En effet, en deux mois, l’ensemble des États membres a déjà lancé dix opérations, témoignant de la recrudescence de la demande à laquelle le marché répond présent. « En même temps que le nombre d’opérations s’accroît, les types d’emprunts aussi se diversifient, offrant des possibilités de diversification des placements », a expliqué Lydie Kambou. Et d’ajouter : « Pendant que certains pays optent pour le reprofilage de leur dette, d’autres s’intéressent au Gender bond pour des financements de projets portés par les femmes ». À ces nouveaux instruments s’ajoutent le Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) et les Sukuk.
Par Léon Yougbaré




