La Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF) a validé, le 3 septembre 2025 à Ouagadougou, son rapport annuel 2024. Ce document met en lumière les efforts déployés dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances minérales, ainsi que dans la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme dans le secteur minier.
Au cours de l’année 2024, la BNAF a conduit de vastes opérations de contrôle, en collaboration avec la police, la gendarmerie et la douane. Ces actions ont ciblé 31 comptoirs d’achat et de vente d’or, 5 sociétés semi-mécanisées et 3 sociétés industrielles. Selon le compte rendu de la rencontre publié par la direction de la communication et des relations presse du ministère, les contrôles ont révélé plusieurs irrégularités notables. Parmi celles-ci, il ressort l’absence de registres d’achat/vente, la non-conformité des balances de pesée et le non-respect des obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux.
Par ailleurs, 17 assujettis opérant dans le commerce des pierres et métaux précieux ont été soumis aux vérifications liées aux obligations de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Les actions répressives menées ont donné lieu à des résultats tangibles : 37 dossiers de fraude traités et clôturés, 8 bureaux illégaux d’achat et de vente d’or démantelés, plus de 56 kg d’or saisis dont près de 31 kg réintroduits dans le circuit légal et 408 millions FCFA d’amendes recouvrés au profit du Trésor public.
Malgré ces avancées, le rapport souligne des faiblesses qui fragilisent encore le dispositif. Il s’agit, entre autres, de l’absence d’évaluation des risques, des paiements en espèces non déclarés, du défaut de déclarant auprès de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et du non-retour des sanctions financières.
Face à ces insuffisances, la BNAF annonce avoir adressé des lettres d’injonction aux structures en infraction, organisé des sessions de formation et diffusé les listes nationales de sanctions financières ciblées. En perspectives, la BNAF entend poursuivre ses efforts avec trois priorités majeures, notamment l’intensification de la lutte contre la fraude de l’or, l’extension des contrôles aux substances de carrières conformément au nouveau Code minier et la mise en œuvre des actions de la Stratégie nationale de lutte contre la fraude et le blanchiment de capitaux 2024–2028 (SNLFO/BC-FT).
La validation du rapport a eu lieu ce mercredi 3 septembre 2025, au cours d’un atelier présidé par Dramane Bitibaly, conseiller technique représentant le directeur de cabinet du ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières (MEMC). Dans son discours, il a salué la régularité de la BNAF dans l’élaboration de ses rapports depuis 2018, estimant que cette cinquième édition constitue « un outil stratégique d’aide à la décision pour le gouvernement ».
Par Léon Yougbaré


