Cameroun : légère accélération de l’inflation en juin 2025, avec une moyenne annuelle de 4,1 %, bien au-dessus du seuil de convergence de 3 % fixé dans la zone CEMAC

L’inflation poursuit sa trajectoire ascendante au Cameroun. Selon la note mensuelle sur l’évolution des prix à la consommation des ménages, publiée pour le mois de juin 2025, les prix ont progressé de 0,3 % par rapport à mai, un rythme légèrement supérieur à celui enregistré le mois précédent (+0,2 %). Cette hausse reste portée essentiellement par la flambée des prix des denrées alimentaires et par l’augmentation des coûts liés au logement, à l’eau, au gaz et à l’électricité.

La note indique que les prix des produits alimentaires ont connu une augmentation de 0,5 % en un mois, entraînés par la hausse des légumes, des poissons et fruits de mer. Les tubercules et plantains ainsi que certains légumes frais comme l’oignon, sans oublier les légumes secs et oléagineux, figurent parmi les produits ayant le plus contribué à cette progression.

Le poste « logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles » enregistre pour sa part une hausse de 0,6 %, traduisant l’alourdissement du coût de l’énergie dans les dépenses des ménages. À l’inverse, les prix de la catégorie « loisirs et culture » reculent légèrement de 0,1 %, amortissant partiellement la poussée inflationniste.

En glissement annuel, l’inflation s’établit à 3,2 % en juin, après 3,3 % en mai, confirmant un cinquième mois consécutif de ralentissement. Toutefois, en moyenne sur les douze derniers mois, l’inflation reste à un niveau élevé de 4,1 %, bien au-dessus du seuil de convergence de 3 % fixé dans la zone CEMAC. Ce taux est néanmoins en repli de près de 1,6 point par rapport à celui de juin 2024, traduisant un certain relâchement des tensions inflationnistes.

L’évolution des prix n’est pas homogène à l’échelle nationale. Les taux d’inflation régionaux oscillent entre 2,2 % et 5,9 %, en fonction des coûts de transport, de la disponibilité des produits et des spécificités des chaînes d’approvisionnement locales. Ces écarts illustrent l’impact différencié des contraintes logistiques et des conditions de marché sur les ménages camerounais selon leur région.

Si l’inflation sous-jacente – hors produits frais et énergie – ressort à 2,6 %, ce qui témoigne de hausses plus généralisées dans le panier de consommation, les prix des produits frais restent particulièrement dynamiques (+11,3 %). L’énergie n’est pas en reste, avec une progression notable de 5,8 % sur un an.

L’analyse par origine des produits révèle que l’inflation est davantage interne qu’importée. Les prix des produits locaux ont progressé de 4,3 %, contre 3,5 % pour les produits importés. Ce déséquilibre reflète la montée des coûts de production, les tensions persistantes sur l’offre locale et une demande intérieure soutenue, qui accentuent la pression sur les prix domestiques.

Par David Yaméogo

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