Au 31 mars 2025, la dette publique de la Côte d’Ivoire s’établissait à 31 674,7 milliards FCFA, représentant 55 % du produit intérieur brut (PIB), selon le bulletin statistique provisoire de la Direction générale des Financements. Ce niveau reste largement inférieur au plafond de 70 % fixé par l’UEMOA et marque une amélioration par rapport à fin 2024, où le ratio dette/PIB était de 59,5 %, malgré une progression du stock de dette.
En effet, la dette publique ivoirienne a crû de près de 268 milliards FCFA en l’espace de trois mois, passant de 31 406,9 milliards FCFA fin décembre 2024 à 31 674,7 milliards FCFA fin mars 2025. Cette hausse a été principalement alimentée par des emprunts intérieurs à hauteur de 1 414,4 milliards FCFA, contre 149 milliards FCFA pour les emprunts extérieurs, soit un total de 1 563,4 milliards FCFA de nouvelles ressources mobilisées au premier trimestre.
La structure de la dette reste dominée par l’endettement extérieur, qui représente 19 844,1 milliards FCFA, contre 11 830,7 milliards FCFA pour la dette intérieure. Les principaux instruments de la dette extérieure sont les prêts multilatéraux (6 957,7 milliards FCFA), les Eurobonds (6 406,9 milliards FCFA), les prêts commerciaux (3 380 milliards FCFA) et les prêts bilatéraux (3 099,5 milliards FCFA). Côté intérieur, les obligations d’État constituent l’essentiel des encours (9 831,6 milliards FCFA), suivies des prêts bancaires (1 122,4 milliards FCFA) et des bons du Trésor (845,1 milliards FCFA).
Sur la période, le service total de la dette incluant le remboursement du principal et le paiement des intérêts a atteint 1 782 milliards FCFA. La dette intérieure a absorbé la plus grande part avec 1 164,4 milliards FCFA, dont 1 041,4 milliards pour le remboursement du principal. Le service de la dette extérieure s’élève quant à lui à 617,6 milliards FCFA, dont 363,5 milliards FCFA uniquement pour les intérêts.
L’analyse de la charge de la dette indique que les intérêts représentaient en moyenne 15,4 % des recettes budgétaires (hors dons) entre 2021 et 2024. Pour le seul premier trimestre 2025, ce ratio est retombé à 4,7 %. Rapportés au PIB, les intérêts versés représentent 0,8 %.
Enfin, le taux d’intérêt moyen pondéré de l’ensemble de la dette ivoirienne s’établit à 5 %. Celui de la dette extérieure est légèrement plus faible (4,7 %) que celui de la dette intérieure (5,5 %). À noter que 88 % des encours sont constitués d’instruments à taux fixe, réduisant ainsi la vulnérabilité du pays face à la volatilité des marchés.
Par Drissa Ouattara


