Éducation : Au premier semestre 2025, plus de 1,39 milliard de dollars investis par les nigérians pour des études à l’étranger, selon les données de la Banque centrale

Au premier semestre 2025, les Nigérians ont investi 1,39 milliard de dollars pour poursuivre des études à l’étranger, marquant une hausse de 20 % en dollars et de 38 % en naira par rapport à la même période en 2024, selon les données de la Banque centrale du Nigeria (CBN). Cette progression reflète un engouement croissant pour la migration éducative, alors que le système éducatif national continue de faire face à des difficultés persistantes.

Le rapport de la CBN souligne que le Nigeria ne tire quasiment aucun bénéfice de son secteur éducatif en termes de revenus étrangers. La balance commerciale des services affiche ainsi un revenu nul pour l’« Éducation », révélant que si de nombreux Nigérians étudient à l’étranger, très peu d’étudiants étrangers choisissent les universités nigérianes.

Cette tendance s’explique par plusieurs problèmes structurels : la qualité perçue de l’enseignement supérieur en baisse, des grèves fréquentes des syndicats du personnel académique, des infrastructures dégradées et la surpopulation des salles de classe. Pour de nombreuses familles de la classe moyenne et supérieure, l’éducation internationale est également considérée comme une voie vers de meilleures opportunités migratoires.

Entre 2020 et le premier semestre 2025, les dépenses cumulées des Nigérians pour l’éducation à l’étranger atteignent 11,1 milliards de dollars, soit environ 2,6 % du PIB nominal annuel du pays. Pour mettre ce chiffre en perspective, le gouvernement fédéral a alloué seulement 2,52 billions de Naira au secteur éducatif dans le budget 2025, représentant à peine 5 % des dépenses publiques, bien en dessous des recommandations de l’UNESCO de 15 à 20 %. Les dépenses des ménages pour l’éducation internationale sur six mois équivalent donc presque au budget annuel du gouvernement pour l’éducation.

Malgré cet afflux de capitaux privés, l’investissement étranger dans le secteur éducatif nigérian reste quasi inexistant, avec seulement 150 000 dollars importés au cours de la dernière décennie, selon le National Bureau of Statistics. Le crédit domestique au secteur est également en contraction : en septembre 2025, les prêts des banques nigérianes à l’éducation s’élevaient à 69,7 milliards de Naira, en baisse de 22 % depuis janvier.

Cependant, les perspectives à court et moyen terme pourraient se compliquer. Les récentes restrictions sur l’immigration et les visas étudiants dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada ou certaines régions d’Europe pourraient freiner l’élan des étudiants nigérians vers l’étranger.

Par Amhed Coulibaly

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