L’agence internationale de notation Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la République du Tchad à « B- », assortie d’une perspective stable, traduisant ainsi la confiance de l’institution dans la résilience économique du pays et la continuité de ses réformes budgétaires et financières.
Selon Fitch Ratings, cette décision s’appuie sur des fondamentaux macroéconomiques robustes, portés par une gestion prudente de la dette et une consolidation budgétaire continue. En 2024, la dette publique du gouvernement central est restée inférieure à 30% du PIB, un niveau particulièrement bas comparé à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. L’agence souligne également la structure favorable de cette dette, largement composée de financements concessionnels, donc à faible coût.
Le déficit budgétaire, pour sa part, s’est réduit à 0,1% du PIB en 2024, grâce à la hausse des recettes non pétrolières et à la maîtrise des dépenses publiques. Fitch Ratings met aussi en avant le rôle déterminant des partenaires financiers internationaux, notamment le Fonds Monétaire International (FMI), avec lequel le Tchad a récemment conclu un programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC).
Malgré ces points positifs, Fitch Ratings identifie encore certaines zones de vulnérabilité, principalement liées à la dépendance du Tchad vis-à-vis du secteur pétrolier. Les recettes issues du brut continuent de représenter une part importante du budget national et des exportations, exposant l’économie aux fluctuations des prix internationaux du pétrole.
Pour atténuer cette dépendance, le gouvernement mise sur la mise en œuvre effective du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui ambitionne de diversifier les sources de croissance à travers plusieurs secteurs stratégiques. Des résultats tangibles sont attendus à moyen terme, notamment en matière de développement des infrastructures, de renforcement du capital humain et de diversification de l’économie tchadienne.
Quant à la perspective stable associée à la note « B- », elle « met en balance ces facteurs positifs avec certains facteurs d’amélioration, principalement liés au poids du secteur pétrolier et aux enjeux de diversification économique », selon Fitch. Pour les autorités tchadiennes, cette confirmation est perçue comme une marque de reconnaissance de la transparence et de la rigueur dans la gestion économique. Elle contribue à renforcer la crédibilité financière du pays et à consolider la confiance des partenaires internationaux dans sa trajectoire de réformes.
Par David Yaméogo


