Le Conseil exécutif du Fonds monétaire international a validé la cinquième revue de l’accord de Facilité de crédit prolongée (FCE) de 39 mois conclu avec le Ghana, ouvrant la voie à un décaissement immédiat d’environ 385 millions de dollars américains, soit près de 215,14 milliards de FCFA. Cette nouvelle tranche porte à environ 2,8 milliards de dollars, l’équivalent de 1 564,58 milliards de FCFA, le montant total déjà décaissé depuis l’approbation du programme en mai 2023, sur une enveloppe globale de 3 milliards de dollars, soit environ 1 676,34 milliards de FCFA.
Dans un communiqué publié à l’issue de cette revue, le FMI estime que la performance du Ghana dans la mise en œuvre du programme est globalement satisfaisante, malgré des retards observés dans certaines réformes structurelles jugées complexes. L’institution de Bretton Woods souligne toutefois que la dynamique de stabilisation macroéconomique s’est nettement renforcée, portée par une croissance robuste et un retour de l’inflation à un chiffre, une première depuis 2021.
Selon le Fonds, la situation budgétaire et extérieure du pays s’est sensiblement améliorée. Les progrès enregistrés dans la restructuration de la dette ont contribué à restaurer la confiance des investisseurs et à renforcer les perspectives économiques. La croissance observée jusqu’en septembre 2025 a dépassé les anticipations initiales, soutenue principalement par les performances solides des secteurs des services et de l’agriculture. Dans le même temps, l’inflation est revenue dans la fourchette cible de la Banque du Ghana, tandis que le secteur extérieur a bénéficié d’exportations soutenues d’or et de cacao. Le FMI note également que l’accumulation des réserves internationales a dépassé les objectifs du programme, dans un contexte marqué par l’appréciation du cedi et une amélioration notable de la trajectoire de la dette publique.
Sur le plan du suivi du programme, tous les critères quantitatifs de performance et les objectifs indicatifs relatifs à cette cinquième revue ont été atteints. Le Fonds reconnaît des retards dans certains chantiers, mais relève des avancées significatives dans la mise en œuvre de réformes structurelles clés, y compris celles reprises des examens précédents.
Concernant la restructuration de la dette, les autorités ghanéennes ont franchi des étapes importantes avec la signature d’accords bilatéraux d’allègement de la dette avec plusieurs membres du Comité officiel des créanciers du Ghana, ainsi que la finalisation d’accords de principe avec certains créanciers commerciaux externes. Les discussions se poursuivent avec les créanciers restants afin d’aboutir à des conditions compatibles avec les paramètres du programme soutenu par le FMI.
L’institution indique par ailleurs que le Ghana est en bonne voie pour atteindre un excédent primaire de 1,5 % du PIB d’ici la fin de l’année. Le budget 2026 soumis au Parlement est jugé conforme aux objectifs du programme et au nouveau cadre de responsabilité budgétaire, tout en intégrant les besoins liés au développement et à la sécurité, et en préservant les dépenses sociales en faveur des populations vulnérables. Le FMI souligne toutefois que le maintien de la discipline budgétaire exigera une mobilisation accrue des recettes, une gestion plus rigoureuse des finances publiques et un renforcement de la surveillance des entreprises publiques.
Dans un contexte de reflux des pressions inflationnistes et de récente appréciation du cedi, le FMI estime que la Banque du Ghana a, à juste titre, engagé un cycle prudent d’assouplissement monétaire. Toute nouvelle détente, précise l’institution, devra rester graduelle et dépendante des données macroéconomiques. Le Fonds salue également l’introduction d’un nouveau cadre structuré pour les opérations de change, destiné à réduire la volatilité du marché et à reconstituer les réserves de change.
Sur le front de la stabilité financière, des mesures jugées décisives ont été prises, notamment à travers les réformes des banques publiques, le renforcement du cadre de gestion des crises et les efforts visant à réduire les prêts non performants. Le FMI note aussi des progrès en matière de gouvernance et d’efficacité du secteur public à la suite de la publication de son évaluation diagnostique de la gouvernance, tout en appelant à poursuivre les efforts pour améliorer la transparence et la supervision.
Commentant cette cinquième revue, le directeur général adjoint du FMI, Bo Li, a salué la performance du Ghana, soulignant que les autorités ont fait preuve d’une forte appropriation du programme en mettant en œuvre des actions correctives ambitieuses après les dérapages politiques observés en 2024. Selon lui, ces efforts, combinés aux réformes structurelles, ont permis une reprise de la croissance plus forte que prévu, un retour de l’inflation dans la fourchette cible de la Banque du Ghana et une accumulation robuste des réserves.
Par Alexia.C.TIENDREBEOGO


