lundi 16 février 2026

Forum investir au Burkina : « C’est bien facile de se mettre loin pour critiquer. Il faut être sur le terrain pour faire face à la réalité. L’Afrique doit être bâtie par les africains », Patrick Kamdem, CEO de Atome Pharma Group

Présent à Ouagadougou dans le cadre de la première édition du Forum international investir au Burkina, Patrick Kamdem, CEO de Atome Pharma Group a accordé une interview à votre média de référence en matière d’économie, de finance et d’investissements. Dans cet entretien, il est revenu sur la place du Burkina en tant que carrefour en Afrique de l’Ouest et le rôle des africains dans le développement économique du continent.

Horonya Finance (HF) : Que peut-on savoir du Groupe Atome Pharma ?

Patrick Kamdem (PK) : Atome Pharma Group est un fournisseur agréé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Nous collaborons aussi bien avec le secteur public que privé dans plusieurs pays africains francophones comme anglophones. Nous sommes une jeune entreprise, créée en 2023, et qui emploie à ce jour une soixante de personnes à travers trois continents, notamment l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Nous sommes basés à Dubaï aux Emirats arabes unis. Mais nous avons des bureaux dans trois continents. Nous sommes en train de travailler à ouvrir un bureau au Burkina. Nous disposons également d’une ligne de délégués médicaux qui font de la promotion médicale auprès du corps médical.

HF : Quel est le secteur d’activités de Atome Pharma Group ?

PK : Atome Pharma Group travaille en tant que fournisseurs agréés de l’OMS. Ce qui nous permet de nous associer à certaines firmes pharmaceutiques pour faire fabriquer des médicaments de qualité que nous distribuons à des centrales d’achat étatiques comme la CAMEG au Burkina, la CAMEG Togo, etc. ainsi que des agences des nations unies. En plus, nous travaillons avec des bailleurs internationaux comme la Fondation Gate pour qui nous avons déjà fourni des médicaments pour le Nigeria et le Mali.

HF : Quelle appréciation faites-vous du forum investir au Burkina ?

PK : Je dois dire que le Burkina, avec ou sans ce forum, reste un exemple à suivre en Afrique. Cette dynamique qui a été lancée par le président du Faso doit être copiée et collée dans tous les pays. Je dois dire que ce forum est un succès total. Je pense même qu’il faut rendre payante la participation aux prochaines éditions. C’est une initiative extrêmement importante qui doit être encouragée et soutenue par tous. L’Afrique a besoin d’avoir de telles initiatives pour montrer au monde que nous sommes des partenaires et non des victimes.

HF : Avez-vous déjà déniché des possibilités d’investissements au Burkina ?

PK : Avant de venir au Forum, nous avions déjà commencé à travailler sur des projets concrets. Le Forum est juste la cerise sur le gâteau, en ce sens que nous avons eus plus d’informations et des rencontres avec des personnes et structures pouvant faciliter l’accélération de nos projets. Oui, nous avons des projets extrêmement importants à court, moyen et long terme sur lesquels nous avons déjà commencé à travailler, allant de la distribution à la production locale. Le forum n’est pas l’élément déclencheur, mais une voie d’accélération de ce que nous avons déjà commencé et je suis heureux d’avoir pris part à cette première édition.

HF : Pour encourager les investissements privés, le Burkina s’est doté d’un code. Quel est votre regard en tant qu’investisseur ?

PK : Je pense que le code des investissements du Burkina est très bien fait. Il sera mis à l’épreuve parce que les investissements vont arriver surement. Il y aura certainement des ajustements à faire comme dans tout processus, mais je pense que dans sa configuration actuelle, le code incite tout investisseur à s’intéresser et à apporter sa contribution. C’est bien facile de se mettre loin pour critiquer, mais il faut être sur le terrain pour faire face à la réalité. L’Afrique doit être bâtie par les africains. Le paludisme, par exemple, n’est pas une maladie européenne, c’est une maladie africaine. Pourtant, 70% de la santé publique en Afrique est financée par des bailleurs internationaux, ce qui devrait donner des insomnies à tous les dirigeants de nos pays.

Interview réalisée par Léon Yougbaré

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