Au terme des trois premiers trimestres de 2025, le Ghana affiche une nette accélération de ses investissements directs étrangers, traduisant un regain d’attractivité du pays dans un contexte régional pourtant marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques. Selon les données du Ghana Investment Promotion Centre (GIPC) , 129 projets ont été enregistrés entre janvier et septembre, contre 108 sur la même période en 2024, soit une progression de 19,4 %.
Cette dynamique se reflète surtout dans les volumes financiers mobilisés. La valeur totale estimée des projets atteint 1,276 milliard de dollars, en hausse de près de 292 % par rapport aux 325,9 millions de dollars enregistrés un an plus tôt. Les investissements directs étrangers constituent l’essentiel de ce montant, avec 1,240 milliard de dollars, tandis que les investisseurs locaux ont contribué à hauteur de 35,5 millions de dollars. Les transferts de capital initial, indicateur clé du passage des projets à la phase opérationnelle, se sont établis à 39,46 millions de dollars, contre 21,78 millions de dollars à fin septembre 2024.
Dans le détail, les projets entièrement détenus par des investisseurs étrangers dominent largement le paysage, représentant 87 initiatives, soit près de 67,5 % du total, pour une enveloppe de 614,8 millions de dollars. Les coentreprises, au nombre de 42, concentrent quant à elles 625,8 millions de dollars, illustrant un intérêt croissant pour des partenariats locaux dans certains segments de l’économie ghanéenne.
Sur le plan sectoriel, l’industrie manufacturière confirme son rôle moteur avec 66 projets, loin devant les services qui en totalisent 31. Le commerce général suit avec 18 projets, tandis que le bâtiment et les travaux publics, le commerce d’exportation, l’agriculture et le tourisme se partagent un volume plus modeste, mais stratégique. En valeur d’IDE, le commerce général arrive en tête avec 626,5 millions de dollars, devant les services à 294,3 millions et l’industrie manufacturière à 291,1 millions de dollars, signe que les flux d’investissement privilégient aussi bien la transformation que les activités commerciales à forte intensité de capitaux.
La répartition géographique des projets met en évidence une concentration persistante autour de la région du Grand Accra, qui capte à elle seule 105 projets pour un montant de 440,8 millions de dollars. Toutefois, certaines régions enregistrent des investissements ponctuels, mais significatifs, à l’image de la région Western avec 549,7 millions de dollars répartis sur sept projets, ou encore de la région Eastern, qui ne compte que deux projets, mais pour un volume cumulé de près de 240 millions de dollars. Les régions d’Ashanti, Bono East, Savannah, Central et Upper West accueillent des projets de plus petite taille, traduisant une diffusion encore inégale de l’investissement sur le territoire.
Du point de vue des pays investisseurs, la Chine s’impose comme le premier partenaire du Ghana, tant en nombre de projets qu’en valeur financière. Elle totalise 47 projets et 431,4 millions de dollars d’IDE, loin devant le Nigeria, dont les neuf projets représentent néanmoins plus de 103,6 millions de dollars. L’Inde (23,11 millions de dollars), les Émirats arabes unis (37,08 millions de dollars), les États-Unis (50,92 millions de dollars), l’île Maurice (14,4 millions de dollars), les Pays-Bas (2,34 millions de dollars), le Royaume-Uni (2,95 millions de dollars) , la Turquie (3,35 millions de dollars) et le Liban (0,31 million de dollars) figurent également parmi les principales sources d’investissement, confirmant la diversification progressive de l’origine des capitaux.
Cette montée en puissance des investissements ne se traduit toutefois pas mécaniquement par une hausse de l’emploi à court terme. Les 129 projets enregistrés sur la période devraient générer 9 498 emplois à pleine capacité, dont près de 90 % destinés aux Ghanéens. Ce volume reste inférieur à celui observé à fin septembre 2024, avec un recul de près de 30 % des emplois aussi bien pour les nationaux que pour les expatriés, suggérant une orientation vers des projets plus capitalistiques ou à déploiement progressif.
Parallèlement aux nouveaux projets, l’activité du GIPC met en évidence une base d’entreprises existantes toujours active. Entre janvier et septembre 2025, 589 sociétés ont renouvelé leur enregistrement, dont une large majorité à capitaux entièrement étrangers. Dix entreprises déjà implantées ont par ailleurs injecté 12,61 millions de dollars supplémentaires en fonds propres, signe d’une volonté de consolidation plutôt que de retrait. Les investisseurs ghanéens ne sont pas en reste, avec 49 projets entièrement détenus localement pour un montant cumulé de 258 millions de dollars, couvrant des secteurs aussi variés que le tourisme, les services, l’industrie, le commerce général, le bâtiment et l’agriculture.
Par Alexia.C.TIENDREBEOGO


