La Banque du Ghana a annoncé une nouvelle baisse de son taux directeur, le faisant passer à 18 %, soit une réduction de 350 points de base. Il s’agit de la troisième baisse consécutive dans un contexte où l’inflation recule rapidement et où l’économie nationale montre des signes de redressement soutenu. Cette décision a été prise lors de la 127ᵉ réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) tenue du 24 au 26 novembre 2025, qui a évalué les risques pesant sur la croissance et l’inflation.
Johnson Asiama, gouverneur de la Banque du Ghana, a souligné que le Comité avait largement voté en faveur de l’assouplissement des taux. « Les taux d’intérêt réels élevés en vigueur permettent d’assouplir la politique monétaire pour renforcer la reprise de la croissance », a-t-il expliqué, ajoutant que l’inflation devrait rester stable autour de l’objectif fixé jusqu’au premier semestre 2026.
Après un pic historique de plus de 54 % en décembre 2022, l’inflation au Ghana a connu une désinflation spectaculaire. Elle est tombée à 8 % en octobre 2025, son plus bas niveau depuis plus de quatre ans, confirmant le retour de la stabilité des prix alimentaires et non alimentaires. Cette évolution a été soutenue par une politique monétaire stricte, une consolidation budgétaire efficace, ainsi qu’une monnaie locale appréciée de 32,2 % face au dollar américain depuis janvier 2025, grâce notamment à la hausse des prix de l’or et à l’amélioration du compte courant.
L’économie ghanéenne affiche une croissance robuste. Le PIB a progressé de 6,3 % au premier semestre 2025, et l’Indice Composite d’Activité Économique (ICAE) a enregistré une hausse de 9,6 % fin septembre, portée par la production industrielle, le commerce international, le crédit au secteur privé et la consommation. Les enquêtes de confiance et l’Indice des Directeurs d’Achat (PMI) témoignent d’un optimisme soutenu des entreprises et des consommateurs.
Le commerce extérieur contribue largement à cette dynamique. Le Ghana a enregistré un excédent commercial de 7,5 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de 2025, tiré par l’augmentation des exportations d’or et de cacao. Les transferts privés entrants sont restés élevés à 6,0 milliards de dollars, portant le compte courant à un excédent de 3,8 milliards de dollars contre 553,6 millions sur la même période en 2024. L’excédent global de la balance des paiements s’est établi à 1,8 milliard de dollars, et les réserves ont atteint 11,4 milliards de dollars, soit l’équivalent de 4,8 mois d’importations.
Le secteur bancaire reste solide et bien capitalisé, avec un ratio de prêts non performants (NPL) en baisse à 19,5 % en octobre 2025 contre 22,7 % en octobre 2024, soutenant une reprise du crédit au secteur privé. Sur le plan budgétaire, la consolidation se poursuit avec un déficit global limité à 1,5 % du PIB et un excédent primaire de 1,6 %, tandis que la dette publique est passée à 45 % du PIB.
Par Drissa Ouattara


